Monday, March 06, 2006

Réactions à "Comptabilité électorale"

Voici quelques réactions prises sur le site de cyberpresse.ca au sujet de la dernière chronique "Québec grand angle" que j'ai signé:

yvon
bonsoir l électricité mnte de 5.3 % et la gaz a la pomepe a monté de 0.cent le litre vendredi et quand il a été en plein été a 1.47 le litre tout le monde criais ectceque cela a changer quelque chose alors et quand le partie quebecois a été la il a fais quoi alors il crie pour se montré important mais c est dela saumure cela alors des crie de pleure harel legault etmarois charboneau et legendre ect et bien il se pense au dessus de la dette qu iol on fais et causé et les hopital et les imfirmieres =er et il cherche a se faire du partie pris et vous aller voté pour cela la separation avec la dette que l on a et bien a vous de decidé votre bon partie quebecois bon pour le fleuve vaque et vaque la reputation. et bien pour te dire en passant que les c p e n aurais du jamais existé alors et si les parents ne son pas capable d élevé leur enfant alors qu il n en mettre pas au monde alors et la tout paie pour cela alors un enfant pas né paie deja alors et dans les ecole c est comme cela un laissé aller a tous ce qu iol veule faire et le font et ou sont les parents occuper a prendre leur biere ou a niaisée alors je comprends un peut le monde du laissé aller et dire la société vas prendre notre releve et avec les sindycat super bien monté alors bonne soirée et allons en c p e et payons et faisson payer les autres pour vos enfant alors ne me parlez pas des bon p quebecois comme andre dans le bois.

J'ai sincèrement essayé de me rendre à la fin de votre texte, mais en vain. Si je comprends bien, vous dénoncez que le PQ n'ait pas fait mieux... Vous avez tout à fait raison, d'ailleurs si vous lisez mes textes précédents de la chronique, ou sur le blogue, vous remarquerez que je ne suis pas complaisant à l'endroit du PQ non plus.

Monique Desautels
Il est assez évident que vous n'êtes pas un fan de M. Charest. Pourtant, je crois que M. Charest a prit la bonne solution. Il a entrouvert la porte aux assurances privés. Petit à petit, la porte s'ouvrira de plus en plus grande. Ainsi, tous aurons le temps de s'ajuster à la nouvelle mesure... il ne servirait à rien de brusquer les choses. Slowly but surely comme disent si bien les anglais.J'apprécie beaucoup la sagesse de M. Charest et il aura mon appui aux prochaines élections.

Vous avez raison sur un point: il est souhaitable que le privé s'implique de plus en plus en santé. Malheureusement, je ne partage pas votre optimisme sur la suite des choses. N'oubliez pas que les politiciens ne visent qu'un but: être réélus... pas maximiser votre bien être!

Alain Prairie
Dans ce pays des gérants d'estrade qu'est le Québec, il y a un poste que peu de gens désireraient occuper et que tous sont prêt à critiquer avec virulence, soit le poste de Premier Ministre du Québec.Jusqu'ici, le gouvernement Charest a mené plusieurs combats sur plusieurs flans avec succès.Il y a longtemps que je n'ai pas vu un gouvernement Québécois se tenir debout pour le bien de la population comme celui ci l'a fait jusqu'ici malgré les enfantillages des tourneurs en rond.Même si l'auteur de ce texte a des observations intéressantes vu des estrades, j'aimerais bien lire ses observations vu de la fosse aux lions.

M. Prairie, sachez que j'ai vu la "fausse au lion" de la politique partisanne pendant un certain temps (quelques années en fait! au sein des partis politiques ) et que ça n'a fait que confirmer mon opinion: nous avons effectivement besoins de politiciens qui se tiennent debout. Malheureusement, Jean Charest vous a bien fait croire qu'il le faisait dans le cas de la santé tout en maintenant le statut quo.

ochs
BONJOUR,visiblement l'auteur du texte manque d'information et se trompe lourdement lorsqu'il prétend au paragraphe :"faire mieux est posible" en affirmant que l'exemple anglais en la matière est une réussite.je vous renvoi aux extraits d,une étude anglaise publièes dans le monde du 01/03/06 intitulée "LE GOUVERNEMENT BRITANIQUE NE CROIT PLUS AU FINANCEMENT MIXTE DES HOPITAUX". Comment un gouvernement peut ignorer cette expèrience en grandeur réelle? Ainsi je vous suggère, pour éviter une telle catastrophe, de porter à la connaissance de Mr Charest cet article.j. Ochs

Bonjour. J'ai bien lu ce texte et j'en était au courant. Vous faites toutefois fausse route. Lorsqu'on réfère au financement mixte des hopitaux en Grande-Bretagne, on fait référence au marché interne mis en place sous Margareth Tatcher et qui fait en sorte que la NHS agit comme demandeur de soins de santé et que les cliniques privés agissent comme offreurs de soins de santé. Allez relire l'article du Monde, vous verrez!

Edouard
Je crois que les libéraux de Jean Charest aura intérêt à dégraisser le système comme il avait promis et mettre l'argent la ou ça fais mal! Non pas par tout de sorte de régie ou de bureau avant d'aller directement dans les besoins.

Bien d'accord!

patrick
Si je me trompe pas, Gerald GODINetait membre du PQ et ces person-nes se foutent de la situation du Quebec.Ce sont ces gents qui ont misle Quebec dans le trou.

Bel exercice de démagogie amalgammant mon lieu de travail à mes convictions politiques! Lâchz pas la patate! Intéressant, mais pas très constructif...

Orn Im
Je crois que, pour n'importe quel gouvernement, les actions de nos politiciens dirigeants visent à obtenir une meilleure rentabilité électorale pour leur parti politique que pour apporter la vraie solution aux problèmes. La phrase suivante de Monsieur Mathieu Laberge : ‘’Malheureusement, la solution apportée par le ministre Couillard est inappropriée et répond plus à des impératifs politiques qu’à la nécessaire prise en main que requiert le réseau public de santé.’’est aussi valable pour les ministres de santé publique précédants (sous Jacques Parizeau, sous Lucien Bouchard, sous Bernard Landry)Merci

Tout à fait d'accord. Si vous lisez le reste du blogue, vous remarquerez que je critique aussi souvent les péquistes que les libéraux... ils le méritent tous!

Claude B.
Comment peut-on oser dire que le gouvernement Charest tente à tout prix à plaire à l'électorat alors qu'il nous annonce des hausses de coûts à Hydro Québec, la SAQ, la SAAQ et autres. Comme dirait mes collègues, enfin un gouvernement qui a des couilles et qui ose agir selon les besoins de la collectivité.Bravo M. Charest.

Un instant! Vous sautez des bouts de l'histoire! Le gouvernement laisse la SAAQ augmenter ses tarifs pour mieux lui tapper sur les doigts après... question d'être populaire. N'est-ce pas aussi un peu de comptabilité électorale? Il devrait plutôt laisser faire la SAAQ, Hydro, etc.

J.Michaud
Je pense que si on commençais par couper dans les salaires faramineux donnés aux chum des élus serait dejà un bon début.


Oui, mais au-delà du copinage, il faudrait également revoir le rôle même de l'État...

Danielle
Lorsque l'on pense solution cela coûte toujours et encore de l'argent aux contribuables. J'aimerais beaucoup que l'on se penche sur le dégraissage de la machine. Les bonus qui sont donnés aux cadres, lorsqu'ils ont bouclés avec succès leur budget et cela souvent en explotant de plus en plus de façon audieuse les travailleurs, en coupant les services à la clientèle.Exemple:Société de l'état,Hydro Québec de mon coeur!!! Formation, compte de dépense extravageant, soirée pour les cadres qui travaillent tellement plus que l'ensemble des autres travailleurs!!!! ouin faudrait peut-être augmenter encore les tarifs. Conversation au parlement (fictif bien sûr)-Est-ce que nous pouvons encore plus contrôler le porte-feuille des Québéçois,leur laissant le moins de marge de manoeuvre possible quelqu'un à une idée? Leur offrir une augmentation en dessous du coût de la vie,augmenter leur stress en minant leur morale. ¨ca commence a avoir des effets. La violence augmente dans les familles...les gens commencent à se manger entre eux c'est bon!-Bien sûr! Pourquoi pas un programme nationnal de garderie.- Quel merveilleuse idée! Bientôt Ils seront tellement pris à la gorge que nous pourrons en faire ce que nous voudrons!- Félicitation le Néolibéralisme triomphe!C'est sarcastique! mais ça m'a fait du bien!

Héhéhé... amusant! Et vous n'avez pas tout à fait tort!

Jean-Serge Baribeau
Un débat fécondant et tonifiant n'est pas facile lorsqu'il s'agit de discuter du système québécois de santé. Un des facteurs qui rend pénible, sinon impossible, toute tentative de débat, c'est l'aspect éminemment «idéologique» qui ne cesse de sous-tendre tout ce qui se dit et s'écrit. En fait, Jean Charest, compte tenu de son passé conservateur et de ses propos souvent ambigus, est soupçonné d'être un partisan inconditionnel et aveugle de la privatisation à tout prix. On a souvent l'impression qu'il tente de sauver la mise en parlant plutôt des partenariats public-privé (PPP). Mais rares sont ceux qui croient que c'est bien là ce qu'il veut réellement. À tort ou à raison beaucoup de citoyens le perçoivent comme un apôtre radical de la privatisation. Personnellement, je partagerais cette perception. Quant aux forces dites «progressistes» ou de gauche, elles craignent les privatisations tout azimut. Elles craignent le démantèlement du système public. Et, au sein de la gauche, il existe aussi un aspect «idéologique» (du moins chez certains) qui fait que le secteur privé est diabolisé alors que le secteur public est sanctifié. Pourtant, cette même gauche n'arrête pas de critiquer les gouvernements, semblant penser que seule la gauche pourrait redynamiser et «purifier» le secteur public.Je ne propose pas naïvement et bêtement de nier les divergences entre la droite et la gauche. Cela est très sain. Mais cela demeure sain tant et aussi longtemps que toute discussion n'est pas coupée et que toute réflexion n'est pas interdite.. De part et d'autre, il faut faire attention aux positions idéologiques trop coulées dans le béton. Mes positions sont plus proches de celles défendues par les progressistes. Mais je déteste néanmoins le dogmatisme et l'angélisme.

Join the club! Vous aurez compris que je suis généralement plus de centre droit que de gauche, mais tout comme vous je déteste les dogmatismes. J'apprécie beaucoup votre approche modérée et ouverte! Continuez comme ça, c'est tout à votre honneur.

Legault
Il est clair que ce gouvernement qui attendait d'être élus avait des idées plus ou moins précises de ce qu'ils allaient faire une fois au pouvoir. Cependant la façon de faire digne d'une prestation à la LNI, mais pire les choses ont été faites de manières irrespectueuses envers les gens concernés,surtout ce qui touche la fonction pubique.Lors du bilan préélectoral ce gouvernement mettra les chiffres en sa faveur et j'espère que le pubique ne sera pas dupe. On peut tellemnt jouer avec la comptabilité je sais je travail dans un hôpital et si vous saviez tout ce que les dirigeants font pour ne pas payer d'amende concernant la durée de séjour à l'urgence d'un patient.

Ben Chaput
Les gouvernements modernes sont des amas d'opportunistes qui naviguent sur les résultats de sondages.Le gouvernement Charest n'a fait que démolir les réformes entamés par le gouvernement précédent. Sa réforme des CPE est un exemple de démolission d'un service exemplaire pour récupérer quelques fonds pour remettre via les baisses d'impôt promis.Les augmentations en flèche des tarifs d'électricité en est un autre exemple. On veut nous faire croire que c'est par souci d'économie!!! Si l'on amenait les menteurs au bucher, les Libéraux disparaîteraient à jamais!!!Les réformes municipales (plutôt le démantèlement de ceux-ci) sont un autre exemple de démagogie appliquée. Nous défaisons les réformes pour plaire à l'électorat avec une insouciance irresponsable.Les Libéraux se discréditent continuellement pour essayer de plaire à tout le monde et à son père. Des tristes sieurs qui doivent faire honte aux prédécesseurs de ce parti...Mais pour le p'tit peuple, du pain et des jeux...

Denis Beaulé
De fait, les décisions à prendre et les politiques à mettre en oeuvre concernant la dette et la Santé n'en seront pas d'excellentes tant qu'on les fera ou laissera dépendre (exclusivement) de manoeuvres stratégiques ou d'impulsions du moment d'un homme, d'un parti (gouvernement) ou d'une population 'P'. Ces acteurs savent ou croient savoir en effet ce qui est bon pour eux, mais omettent le plus souvent d'apercevoir ou de prendre aussi en compte ce qui serait bon ou pourrait devenir néfaste ou onéreux pour d'autres (après eux) ou pour eux-mêmes plus tard.

Tout à fait d'accord! Tous les chefs de partis cherchent d'abord à maximiser leur chances de réélection. Pour ce faire, ils tendent à concentrer les bénéfices et à diffuser les coûts...

michel notredame
À mon point de vue Jean Charest n'en a pas pour longtemps.Il se fera battre aux prochaines élections.À force de rentrer l'épée dans la gorge des consommateurs de produits et services de l'État québécois, il crée un écoeurante aiguë...Et puis il défend bien mal l'image du peuple québécois, dans lequel il ne croit pas vraiment.Jean Charest, s'il était demeuré chef du Parti Conservateur, serait probablement devenu Premier ministre du Canada. Sa destinée politique était à Ottawa, pas à Québec, où il excelle dans son rôle insignifiant.Il aura été l'un des plus mal aimé des premiers ministres du Québec. Les causes de ce profond sentiment résident dans ses promesses en l'air et dans la vertigineuse ascension des coûts à Hydro-Québec, la SAQ, la SAAQ, et tutti quanti !!!L'homme ne plait pas et l'ensemble de ses ministres dégage une impression de petite bourgeoisie régionale boiteuse et sans génie.La vision essentiellement provincialiste du gouvernement actuel est réductionniste et rétrograde. Fédéralisme impose !!!L'alliance factice entre Charest et Harper ne produira pas grand fruits...je vous en passe un papier...D'autre part, il est loin d'être assuré qu'André Boisclair soit l'homme de la situation au Parti Québécois. Le personnage laisse pour le moins songeur tout observateur de la scène politique...À la limite, toutefois, Boisclair ne pourra jamais aussi mal faire que Charest. Puisse-t-il, s'il devient chef de l'État provincial du Québec, enfin réaliser le contenu de l'article 1 du programme de son parti...sinon il sera voué à encore gérer, tant bien que mal, une province canadienne sans trop d'envergure parceque sans pouvoirs vraiment significatifs.

Je crois que Jean Charest sera réélu, contrairement à vous. Il est vrai qu'il excelle dans l'art de déplaire à tout le monde: pour un bon coup il en fait dix mauvais! Mais les Québécois sont généralement tolérants et aiment laisser la chance au coureur. De toute façon, serions-nous réellement mieux avec André Boisclairs, qui a donné son nom au language politique: la langue de Boisclair (merci à indicatif présent et M-F Bazzo!)

Alain Rowe
Le plus grand danger pour la santé des québécois, c'est Charest et son gouvernement. Vraiment de quoi rendre malade!!!

Pourquoi?! Je ne suis pas complètement en désaccord, mais j'aimerais connaître vos arguments! Dans mes examens, je donne généralement la moitié des points à la réponse et l'autre moitié à sa justification!

C. Tremblay
Absolumnet faux. L'héritage laissé par le gouv. péquiste oblige notre nouveau gouv. libéral à des décisions en profondeur. Les Péquistes ont hypothéqué nos budgets - ils ont distribué des subventions minables à des industries secondaires à court terme avant les élections et le gouv. libéral a hérité de la grogne de ces gens qui doivent fermer boutique - surtout en Gaspésie.Les journalistes se plaisent à dire de M. Charest qu'il est le "mal aimé", qu'il n'est "pas populaire" à répétition. Difficile de remonter dans la faveur du peuple lorsque les journaux et les écrans de TV vous vilipende...

Je suis d'accord pour dire que des actions en profondeur sont nécessaires... c'est justement ce que Jean Charest ne fait PAS! Prétendre le contraire, c'est verser dans la politique politicienne...

Marcel
L'opinion émise sous le thème Comptabilité électoral je ne la partage pas du tout.Le gouvernement fait tout simplement son possible avec les possibilitées qui s'offre a lui.Le monde ne veut pas d'augnentation de taxes penser au 5.3% de l'Hydro,cette augnentation d'environ $6.00 mensuellement fait un drame !

Je suis d'accord que la population fait un drame avec des bineries... Mais le plus dramatique, c'est que pour être réélu, Jean Charest répond aux caprices de tout un chacun!

André Boiron
Et puis? Pourquoi cet article??? Pas très intéressant...

Ça vous a fait du bien?? Maintenant, si vous trouvez ça plate, on attend vos textes! D'ailleurs, on vous oblige pas à le lire...

Michel Duhaime
Je ne suis pas surpris. La fin justifie les moyens en politiqueLes réformes et les projets de lois sont fait par de gens qui sont des prévilégiers de la société. Partiellement déconnecté de la réalité. Tout comme les pros du Sport ou les PDG de grandes entreprises. Que ce soit n’importe quel partie l’idée est toujours la même = le bien du partieEt non celui du peuple .Ont donne un peut au peuple pour se faire élire ou réélire puis après on impose sa volonté.

Bien d'accord!

Comptabilité électorale

Le gouvernement adopte une attitude nuisible pour plaire à tous prix à l’électorat

MATHIEU LABERGE
Professeur au Collège Gérald-Godin et détenteur d’une maîtrise en économie internationale de l’Université de Nottingham, en Angleterre

Jacques Parizeau considérait que le problème d’engorgement du réseau de soins de santé relevait d’un financement public insuffisant. Lucien Bouchard l’attribuait plutôt à une mauvaise gestion des ressources. Sous l’impulsion de la Cour Suprême, voilà que le gouvernement Charest est forcé de reconnaître une autre cause : l’absence de support privé aux institutions publiques. Malheureusement, la solution apportée par le ministre Couillard est inappropriée et répond plus à des impératifs politiques qu’à la nécessaire prise en main que requiert le réseau public de santé.

Effectivement, on peut douter de l’efficacité de cette nouvelle mesure qui s’apparente à poser un minuscule pansement sur une jugulaire sectionnée. En garantissant des délais d’attente maximaux pour seulement trois types de chirurgies électives, lire non-urgentes, le gouvernement ne change rien de fondamental, ni même d’important. Reconnaissons-le : peu de patients ont perdu la vie suite à une cataracte ou à une hanche ou un genou mal amoché. Le droit à la vie, qui constitue la base de la décision des juges, ne sera pas mieux garanti après cette « réformette d’apparat » qu’avant.

Le gouvernement a le devoir de s’assurer que tous ont accès aux soins de santé que leur état requiert, mais tant que les patients ne seront pas sensibilisés à la valeur réelle des soins qu’ils reçoivent, les listes d’attentes interminables persisteront. Dans les années 1990, Pauline Marois avait d’ailleurs été condamnée au bûcher du sacro-saint modèle québécois pour avoir évoqué l’idée même d’imposer des tickets modérateurs ou de publiciser le coût réel des actes médicaux. Contrairement à l’initiative Couillard, ses solutions étaient pourtant innovantes et répondaient adéquatement à la véritable problématique.

En matière de soins de santé, les solutions possibles sont d’ailleurs légion. Le Royaume-Uni, par exemple, a su allier l’action du secteur public en santé à l’efficacité du système privé. De 1970 à 1996, les plans d’assurances-santé privés ont proliféré, la proportion de bénéficiaires triplant en 25 ans, atteignant jusqu’à 10,8% de la population selon l’Observatoire Européen sur les Soins de Santé. De ce nombre, près de 70% des bénéficiaires profitaient d’une assurance-santé fournie par leur employeur ou leur association professionnelle. Les assureurs privés ont apparemment su adapter leurs produits aux besoins de leurs clients de sorte à compléter le régime public de soins de santé. C’est ainsi que plusieurs assurances collectives en sont venues à offrir une couverture privée pour des soins que le gouvernement ne pouvait fournir dans des délais acceptables. Les plus grandes compagnies d’assurance britanniques disposent d’ailleurs d’importants réseaux d’hôpitaux privés qui répondent à ces besoins. Par ailleurs, le gouvernement anglais a également favorisé le développement et la diffusion de classements des hôpitaux selon la qualité des services qui y sont dispensés et la longueur des listes d’attente auxquelles ils sont confrontés. Tout porte à croire que ce type d’interventions mérite d’être étudié puisque selon les sondages de l’Observatoire, les Britanniques ne perçoivent pas les soins privés comme étant de qualité supérieure, mais comme étant simplement plus rapides.


En mode électoral
Avec un peu de volonté politique, il aurait été possible pour le gouvernement libéral d’insuffler une vision complètement nouvelle des services de santé au Québec. En lieu et place d’une véritable réforme, il a plutôt répondu aux impératifs de la saison pré-électorale qui s’enclenche et a tenté de se faufiler dans les mailles du filet du jugement de la Cour Suprême. Cette attitude de haute voltige de marketing électoral, dans un dossier aussi primordial que les soins de santé, est évocatrice de la volonté du gouvernement Charest de plaire coûte que coûte à l’électorat. Il va sans dire qu’elle est nuisible lorsque vient le temps de régler des problèmes qui demandent une vision à plus long terme que la gestion des intérêts partisans.

Et voilà que le premier ministre promet maintenant d’apporter sa solution « maison » au problème de la dette du Québec, dont la dimension intergénérationnelle interdit toute réflexion basée sur le court terme. Ce dossier risque-t-il aussi d’être emporté dans la vague déferlante des manœuvres électoralistes? À la lumière des événements des derniers jours, est-il vraiment rassurant de voir Jean Charest s’y intéresser? Si le gouvernement applique à la dette la même logique qu’il a appliquée à la santé, on n’est pas sorti de l’auberge!

Écrivez-nous:

Thursday, March 02, 2006

Boisclair et le complot Gescaïen!

Un court billet aujourd'hui pour revenir sur les propos (malheureux!) d'André Boisclair sur le prétendu complot du groupe Gesca, dont La Presse fait partie. Voilà que, selon l'illustre personnage, le groupe de presse s'acharne sur lui et son parti. La dernière étape de ce complot gescaïen serait la publication le jour d'un caucus d'un sondage défavorable au Parti Québécois.
Une telle attitude du chef du PQ est décevante et ne redore en rien son blason passablement terni. Elle ne fait qu'accréditer la thèse, fausse, qu'il y a un acharnement des médias contre le parti souverainiste. Le Directeur de l'information de La Presse a, par ailleurs, bien démontré que le traitement de la nouvelle se faisait au cas par cas, sans partisannerie: il a argué que La Presse avait publié nombre de sondages défavorables au PLQ et ce, souvent à des moments clés comme le conseil de ministres ou l'ouverture d'un congrès.
Quelques jours avant son élection, j'avais soutenu dans la chronique du Québec Grand Angle, qu'André Boisclair devrait faire le ménage des purs et durs du PQ. Des déclarations comme celle d'hier ne font que renforcer les dogmes de ces mêmes purs et durs et soutiennent l'impression selon laquelle ils sont rois et maîtres du PQ. On a beau vouloir donner la chance au courreur, encore faut-il que le courreur prenne cette occasion au vol! Jusqu'à maintenant, André Boisclair n'a su que décevoir depuis son arrivé à la tête du PQ. Il lui reste de moins en moins de temps pour gagner la faveur des électeurs, alors que tous les signes laissent croire que Jean Charest est en mode pré-électoral. Saur-t-il renverser la vapeur??
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Ma dernière chronique du Québec Grand Angle était prévu pour samedi dernier. Comme vous l'aurez constaté, l'actualité de la fin de la semaine dernière (la démission du président du CA de la SAQ) en aura eu raison, au moins temporairement. La chronique sera publiée ici aussitôt qu'elle l'aura été dans les pages de La Presse.

Friday, February 03, 2006

Réponse aux commentaires de "Couper la poire en trois"

Bon bon bon... Par où commencer?
À l'époque où j'étais à la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), un grand sage que je m'abstiendrai de nommer m'avais dit: "Quand ça crie fort [les politiciens], tu sais que tu as touché un point important parce que si ça ne les atteignais pas, ils te foutraient la paix!" Mon dernier papier du "Québec Grand Angle" a, comme à l'habitude, reçu son lot de réactions virulentes. "Traître, vendu, néo-corrompu post-Gomery" ont, entre autres, été les prétentions qui m'ont été prêtées! Et étonnemment, les tirs les plus nourris sont venus de ceux qui se situent plus près de mon allégeance nationaliste...
Bref, on a tiré des conclusions de mon propos qui n'étaient pas l'objet de mon texte. Que ceux qui ont poussé les hauts cris relisent l'article: je n'ai jamais mentionné quelle option (entre réélire Harper et faire le pari du fédéralisme d'ouverture ou élire le PQ et faire la souveraineté) je privilégiait! Pourquoi je n'ai pas tranché? Simplement parce que, comme une majorité de Québécois, je suis actuellement ambivalent. Généralement, je partage à 100% la vision de Joseph Facal sur l'issu la plus réaliste au dilemme fédéralisme vs souverainisme. Il dit essentiellement qu'étant donné les tentatives ratées de réforme fédérales du passé, la souveraineté du Québec est l'issue la plus réaliste. Vous pouvez lire son texte à l'adresse suivante (chez un vilain compétiteur, malheureusement! ahahahah):
Je suis d'accord, mais avec un tantinet moins d'optimisme quant à l'option souverainiste. Disons que je crois qu'il faut laisser la chance au coureur Harper, quitte à être amèrement déçu. C'est également ce que je soutenais dans mon papier: Harper a 2 ans pour me convaincre... après sa fenêtre d'opportunité se refermera!
Par ailleurs, je dois encore une fois m'insuger contre ces pastiches de penseurs, ces imposteurs qui tirent à boulets rouges sur le messager plutôt que sur le message. Je trouves déplorable que des gens puissent jouer à l'autruche à ce point, quitte à s'enfermer dans une spirale dogmatique qui les tire dans les bas fonds de l'idiotie! En rejettant tout débat au niveau des idées, à la faveur des attaques personnelles, ces gens paralysent l'avancée du Québec et contribuent au cynisme face au politique... à plus forte raison quand ils n'ont même pas l'honnêteté de signer leurs propos. Avis aux anonymes rapides sur la gachette des étiquettes et sobriquets de toutes sorte: abstenez-vous donc la prochaine fois... vous vous faites plus de mal qu'à moi-même: aucune étiquette ne m'a jamais empêché de dormir et, comme le reflète mon premier paragraphe, je retire une certaine satisfaction à vous faire choquer!
Dernière chose: allez lire le tout dernier commentaire au texte "Couper la poire en trois". Même si je ne partage pas l'entièreté de l'analyse (on ne peut réduire l'analyse du vote de janvier à l'expression des pourcentages... le vote de la région de Québec pourrait fort bien être interprété comme un précuseur. Bref...), allez le lire, donc: je crois que les deux questions posées à la fin du commentaire sont très TRÈS pertinentes!

Monday, January 30, 2006

Commentaires à: Couper la poire en trois

Le texte que j'ai publié dans la chronique "Québec grand angle" de La Presse a donné lieu à de multiples réactions, même sur le site de cyberpresse. Comme à l'habitude, je me réserve le mot de la fin, c'est-à-dire de commenter les commentaires sur mon papier. Je publierai donc mes réponses aux commentaires sur ce site vers le milieu ou la fin de la semaine. Quoiqu'il en soit, je reproduit tout de même les commentaires laissés sur cyberpresse. Les personnes intéressées peuvent consulter le texte originale ci-bas ou dans sa version originale accompagnée des commentaires sur: http://www.cyberpresse.ca/article/20060127/
CPOPINIONS01/60127160/5288/CPOPINIONS
Voici donc les commentaires tirés du lien précédent:
Pierre S. Lefebvre
Les Québécois peuvent voter et éliminer un parti politique avec des intérêts dissociés de ceux de son électorat. Les libéraux ne recrute pas plus de 10% des électeurs francophones. Ils auront toute une côte à remonter la prochaine fois. Je souhaite que les conservateurs auront compris ce message et offriront des conditions raisonnables et plus rapprochées de l'électorat francophone du Québec. Si non, ils devront subir le même sort.

Armand Doré
Nul ne peut nier que la dernière élection revêtait un caractère tout particulier, non pas en raison des enjeux, mais en raison des scandales qui ont mené les libéraux à la défaite, mais une défaite beaucoup moins cuisante que l'on aurait pu imaginer. Ces scandales sont venus fausser complètement les tendances réelles au Québec, tout comme dans le reste du Canada d'ailleurs. Il m'apparaît impossible d'y voir ces tendances comme étant durables. Il est reconnu que les succès que les conservateurs connaissent sont presque toujours reliés à une punition infligée aux libéraux. Il en est de même pour le Bloc qui, malgré tous ces scandales, allégués ou réels, a néanmoins accusé un recul important dans les votes exprimés. Les souverainistes en ont donc pris pour leur rhume, eux qui croyaient voguer vers une victoire fdacile. En politique, il ne faut jamais jhurer de rien. Il faudra attendre la prochaine élection, qui devrait avoir lieu au plus tard au printemps 2007, avant de pouvoir vraiment évaluer ce que sera le portrait politique au cours des prochaines années.

rod
le bloc avans les scandales avais la moitier moin de député le scandale des commandite set terminé donc le bloc a fini de surfé la dessu et il va redécendre comme avant bon débara

Charles Labrecque
A mon avis la poire est déjà coupée en plusieurs morceaux puisque le nombres de votes obtenus aux dernières élections ne représentent que seulement 27% du total des personnes habilités de voter au Québec. Ce qui laisse présager que les séparatistes sont de plus en plus raricime. Sachant que les séparatistes convaincus ont surement votés bloc en majorité pour respecter la consigne de Dieu le père,André .Alors!!!

Gilles Caron
Les québecquois sont assis dans les estrades et les conservteurs de l'ouest sont l'équipe qui joue avec la rondelle pour un but fédéraliste.

Monique Desautels
Très bon article. Les prochaines élections provinciales seront sûrement déterminantes. A mon avis, le PLQ devrait l'emporter. On a beau dire, M. Charest a très bien gouverné, les gens intelligents en conviendront aisément.Bien sûr, les syndiqués de la fonction publique voteront probablement pour le PQ, mais ils ne sont que 5000 000. Je dis probablement, car M. Boisclair a déjà annonçé qu'il n'avait pas l'intention d'ouvrir la convention collective... et de plus, ce Parti est celui qui a le plus coupé dans la fonction publique.

Paul Lafrance
Essayer de faire croire aux Québécois qu'ils sont exploités et colonisés ne peut durer qu'un temps, et ce temps semble révolu. On peut mentir à une personne tout le temps, mentir à tout le monde un temps, mais on ne peut mentir à tout le monde tout le temps. M. Duceppe et André Boisclair le savent bien, et c'est ce qui les inquiètent. Leur campagne de peur ne semble plus effrayer les Québecois.

Gérard St-Denis
Sortez de vos tours d'ivoire.Éditorialistes, professeurs, et grands spécialistes ne cessent d'interpréter les résultats des dernières élections comme si c'était la fin du Bloc et le renaissance de Jean Charest.Sortez de vos bureaux, et aller parler avec les gens ordinaires...Cessez de rêver. La réélection de Monsieur Charest n'est pas faite. Vous savez bien que c'est le pire gouvernement au Québec depuis des décennies. Les gens sont trop intelligents pour réélire un personnage aussi faible qu'incompétent qui s'embourbe d'une gaffe à l'autre.Le fédéralisme canadien est une faillite pour le Québec. Ce n'est pas parce que Monsieur Harper va permettre un siège au Québec à l'UNESCO, ou qu'il va redonner un peu plus d'argent aux provinces que le problème est réglé.Je suis content cependant de voir que les conservateurs ont une vision plus intelligente et plus réaliste du fédéralisme que celle des libéraux.... Ça ne peut qu'être profitable à tout le monde.Mais pour la réélection de Monsieur Charest, on en parlera. Avec moins de 28% de taux de satisfaction, on a beau être fédéraliste, libéral, ça prends plus que ça pour se faire réélire. Bonne chance aux rêveurs.

guy poulette
Je trouve pathétique la facon dont les québécois se comportent aux urnes. D'une part, je prédis une victoire du parti Québécois, et une autre défaite, si il y a lieu, au prochain référendum. D autre part, les Québécois vont se délusionner assez vite de M. Harper. Alors, ou est-ce que l on s 'en va? Nulle part... Comme depuis 10-12 ans. Pourquoi parce que nous sommes immatures, nous avons peur de nous séparer et nous agissons commme lorsque notre conjoint est infidèle, nous voulons donner une chance au fédéralisme qui , manisfestement, ne fonctionne pas...
Je tiens à remercier toutes les personnes qui daignent laisser un commentaire, positif ou négatif, tant qu'il demeure respectueux. Vous avez compris qu'il ne sert à rien de tirer sur le messager et qu'il est beaucoup plus honorable de s'attaquer aux idées. À votre tour, ceci vous honore.

Saturday, January 28, 2006

Couper la poire en trois

La valse hésitation québécoise entre souveraineté et fédéralisme devra prendre fin aux prochaines élections provinciales

MATHIEU LABERGE
Professeur au Collège Gérald-Godin et détenteur d’une maîtrise en économie internationale de l’Université de Nottingham, en Angleterre.

En renvoyant à Ottawa sensiblement le même nombre de députés souverainistes et fédéralistes qu’il y avait avant la dissolution de la Chambre tout en divisant les forces fédéralistes entre conservateurs et libéraux, les électeurs québécois ont en quelque sorte coupé la poire en trois lundi dernier. Ce faisant, ils ont également réservé leur jugement sur l’outil, souveraineté ou fédéralisme, qu’ils entendent utiliser dans l’avenir pour défendre leurs intérêts. Mais cet arbitrage ne saurait tarder et il s’annonce impitoyable pour le Bloc Québécois dont la pertinence sera remise en doute, peu importe sous quel drapeau se rangeront les Québécois.


Fédéralistes divisés, souverainistes isolés
En cantonnant plus de la moitié de sa députation fédéraliste dans les banquettes de l’opposition, le Québec s’est privé d’une influence indispensable à la représentation de ses intérêts auprès du parti gouvernemental. Pour la première fois, il se retrouve pratiquement évacué des pôles décisionnels du gouvernement fédéral. Effectivement, le PLC a pu compter sur une concentration des députés québécois fédéralistes en son sein tout au long de son règne. Or, les conservateurs ne peuvent prétendre à une représentation aussi significative et l’élection de 2006 pourrait bien rester gravée dans les mémoires comme étant celle où l’influence du Québec aura été réduite à peau de chagrin.

Cette nouvelle donne ne va pas sans questionner le rôle que jouera désormais le Bloc Québécois à la Chambre des Communes, alors qu’il ne disposait déjà d’aucun pouvoir effectif et d’une influence pour le moins limité avant le 23 janvier. S’il est vrai que la délégation bloquiste demeure imposante, elle s’est néanmoins retrouvée charcuté tant en termes de nombre de sièges que de suffrages. Ce déclin constitue une raison de plus pour Stephen Harper, qui a déjà annoncé son intention de travailler directement avec le gouvernement Charest, de faire fi des revendications de Gilles Duceppe. Et comme pour parachever l’isolement du clan souverainiste, André Boisclair s’est « peinturé dans un coin » en luttant corps et âme avec le Bloc Québécois pour réclamer une estimation chiffrée du déséquilibre fiscal. Advenant une victoire péquiste aux prochaines élections provinciales, il y a fort à parier que les tories montreront peu d’empressement à collaborer avec le chef péquiste.


Le moment de vérité
Tant que la députation québécoise se trouvait bien représentée des deux côtés de la Chambre, la situation était idéale : le Québec bénéficiait du meilleur des deux mondes! Toutefois, avec un parti ministériel où la présence québécoise est minimale et des partis souverainistes exclus des cercles décisionnels fédéraux, les intérêts québécois se retrouvent gravement dilués. Du concept abstrait d’isolement culturel et social du Québec omniprésent dans la rhétorique indépendantiste, on est passé à une ghettoïsation politique bien réelle. Cette situation, issue de la position mi-figue, mi-raisin adoptée par les Québécois, ne pourra perdurer indéfiniment. Plus tôt que tard, il faudra mettre fin à la valse hésitation québécoise et faire un choix stratégique entre souveraineté et fédéralisme.

L’échéance toute désignée pour trancher ce dilemme pourrait bien être la prochaine élection provinciale. Deux options s’offriront alors aux électeurs : soit les Québécois éliront le Parti Québécois et s’affèreront à réaliser la souveraineté aussitôt que possible, rendant obsolète l’existence du Bloc Québécois. Soit ils valideront l’alliance Harper-Charest en réélisant le PLQ. Cette alternative implique incontestablement de faire le pari du fédéralisme d’ouverture et d’envoyer à Ottawa une forte délégation conservatrice du Québec dès l’élection fédérale suivante dans l’espoir d’un recentrage du Parti conservateur vers un conservatisme fiscal assorti d’un progressisme social plus proche des valeurs traditionnelles du Québec. Dans un cas comme dans l’autre, la pertinence du Bloc Québécois sera rudement éprouvée.
Une leçon claire
Quoi qu’il en soit, il y a une leçon claire à tirer du signal lancé le 23 janvier par les électeurs: les Québécois ont accepté d’accorder aux conservateurs une période d’essai, quitte à retourner le produit s’il fait défaut. Stephen Harper disposera donc d’au plus deux ans pour les convaincre d’adhérer au fédéralisme d’ouverture qu’il propose et de se joindre à ses troupes. Après cette phase de mise à l’épreuve bien légitime, une décision finale devra toutefois être rendue sur la poursuite de cette expérience du fédéralisme renouvelé, sans quoi l’affaiblissement des positions québécoises sera irrémédiable.


Écrivez-nous:

Friday, December 30, 2005

Ralph Goodale doit démissionner | Ralph Goodale must resign

Alors que la campagne électorale fédérale roule au ralenti à l'occasion de la pause des fêtes de fin d'année, voilà que la Gendarmerie Royale du Canada lance un pavé dans la mare en ouvrant une enquête criminelle sur de prétendus crimes d'initiés au Ministère des Finances du Canada. On craint que l'activité anormalement élevé enregistrée à la Bourse de Toronto, à la veille de l'annonce d'un énoncé économique du Ministre des finances, ait été causé par une fuite. Si tel est le cas, des individus auraient pu bénéficier d'informations privilégiées pour tirer profit des annonces du Ministre Goodale.

Outre le jeu des partis d'opposition qui vise à faire mal parraître le Parti Libéral, il est primordial que le Ministre Goodale démissionne de ses fonctions, au moins le temps de l'enquête criminelle. Même si le ministre n'a pas coulé les informations privilégiées, il est responsable de l'action de employés de son ministère. Sa démission, même temporaire, aurait pour effet de réaffirmer la nécessaire indépendance des marchés face aux faveurs politiques. Dans le cas contraire, les investisseurs canadiens seraient tout à fait justifiés de questionner l'intégrité de leur marché financier. Il va sans dire que les répercussions à long terme de tels doutes pourraient être importantes.
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As the federal elections are going slower during the holidays, the Royal Canadian Mounted Police announced a criminal investigation on alleged financial crimes at the Department of Finance. It is believed that the abnormal activity on the Toronto Stock Exchange, on the eve of an economic announce by the Ministry of Finance, might have been caused by a leakage of information. If those suspicions are real, individuals may have made profits from Ralph Goodale's announce.
Even ignoring the political games, it is clear that Mr Goodale must resign, at least temporarily during the investigation. Even though Mr Goodale has not leaked the information himself, he is still accountable for all the employees under him. His resignation, even limited in time, will affirm the necessary independance of the markets from the politics. Without Goodale's resignation, Canadians will be justified to question the integrity of their financial market. It is unecessary to say that those question will have long term implications.

Sunday, December 25, 2005

Joyeux Noël et Bonne Année 2006 | Merry Christmas and Happy New Year

Bonjour à toutes et à tous!
Quelques mots pour vous souhaiter une très joyeux Noël et une bonne année 2006! Pour les canadiens, que la nouvelle année nous apporte un meilleur gouvernement et pour mes amis de partout ailleurs, je souhaites vous revoir très bientôt. Faites attention à vous, meilleurs voeux à vos amis et à votre famille!
Matt
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Hello all!
Just a few words to wish you a Merry Christmas and a Happy New Year! To my Canadian friends, may the Year 2006 brings us a better government and to all my friend from around the world, I wish we'll meet again very soon. Take good care and give my best wishes to your friends and family!
Matt

Friday, December 16, 2005

Réponse à: www.négligence.gc.ca

Voici mes réponses aux commentaires reçus depuis ma dernière chronique du Québec grand anlge dans La Presse de samedi dernier... Je dois avouer que j'ai été surpris à quel point le message banalisateur des politiciens était solidement implanté chez les lecteurs! À en croire la plupart des commentaires (sauf un!), le Canada ne serait pas menacé et il n'y aurait pas de problème dans le plusse meilleur pays du monde!
Avant de me lancer dans les réponses particulières, voici néanmoins une question que j'aimerais poser à tous ceux qui ne s'inquiètent pas. Faisons un raisonnement logique: la grande majorité reprennent l'argumentaire des politiciens selon lequel il n'y a pas eu d'actes terroristes au Canada depuis belle lurette et que, par conséquent, il n'y a pas de risque immédiat. À ces gens qui perpétuent la négligence, je demande: "À qui sert un discours aussi mou et banalisateur, si ce n'est aux politiciens eux-même que tentent d'éviter le sujet comme la peste?" En effet, je crois que pour éviter d'avoir à se prononcer sur un sujet politiquement casse gueule (et à plus forte raison en période électorale!), les politiciens ont tout avantage à maintenir le climat de sécurité qui prévaut en faisant croire (à tort!) que le Canada n'est pas menacé par le terrorisme!
Sur les commentaires particuliers:
Maxmay dit: "Vous me faites perdre mon temps et vous gaspillate un arbre pour imprimer votre texte. Il n'y a rien au monde que je hais plus que les marchands de malheur et c'est exactement ce que vous êtes. "
Vous considérez que vous avez perdu votre temps à lire ma chronique... Évitez la, la prochaine fois! Personne ne vous force à me lire... Par ailleurs, j'aime bien quand on propose des idées et des débats: pour défaire une idée... ça en prend une meilleure! Votre commentaire a été publié parce qu'il n'avait rien de diffamatoire, mais je ne considère pas qu'il porte à réflexion ou qu'il ne fasse avancer le débat de quelque manière que ce soit.
Lecentre a dit: "De toutes les facons, c'est que cette idee se fasse entendre pas nos politiciens, et de toute evidence, tu as mieux contibue a ce faire de par ton article d'aujourd'hui."
Bon... c'est toujours difficile d'être négatif à propos d'un commentaire "feel good"! Disons simplement que je partages votre point de vue totalement (je suis allé lire votre blogue et je l'ajouterai volontier dans ma liste sous peu!). Par ailleurs, vous avez semblé comprendre l'objectif principal de mon propos: amener le sujet sur la place publique durant les élections. La plupart des commentaires ne sont resté qu'au premier degré: "Ben voyons, tsé! ya pas de menace terroriste au Canada!" alors que je voulais d'abord et avant tout soulever le manque de débat à ce sujet au cours de la présente campagne... Comme quoi il est toujours plus facile de se cacher la tête dans le sable! On peut bien se plaindre de nos politiciens... nous ne sommes pas mieux!
Pour le reste, on m'a fait le coup de me traiter de naïf (un lecteur m'a même dit que si ce n'était de mon âge, il ne m'aurait pas écrit... Ben oui monsieur!)
Un autre lecteur (anonyme, c'est pourquoi je ne le nomme pas!) m'a fait savoir qu'ayant évolué dans le milieu, il était bien placé pour savoir que plusieurs initiatives étaient prises, sans qu'on ne le sache...
Là, ça devient intéressant! En effet, les universitaires américains spécialisés en terrorisme ont démontré qu'il était encore plus efficace de publiciser ces initiatives (comme les air marshals), puisque le simple fait de les rendre publiques décourageait les terroristes potentiels de passer à l'acte. Du coup, la présence d'air marshals sur chaque avion n'est pas nécessaire, étant donné que les terroristes prennent pour acquis qu'il y en aura un sur chaque avion. Pour les adeptes, il s'agit d'un équilibre de Nash: on agit sur la perception de la probabilité de se faire prendre, plutôt que sur la probabilité elle-même. Ça coûte moins cher et c'est aussi efficace! (Si le raisonnement n'est pas clair, laissez un commentaire, ça me fera plaisir d'expliquer plus en détail la théorie des jeux!)
Alors de deux choses l'une: soit mon lecteur parle au travers de son chapeau, soit le gouvernement canadien est à ce point incompétent qu'il dépense des fonds alors qu'il pourrait économiser et atteindre les mêmes buts...

Thursday, December 15, 2005

Loi spéciale à Québec: des torts partagés

Voilà donc que le gouvernement Charest a décidé de prendre le taureau (syndical!) par les cornes et d'imposer par une loi spéciale les conditions de travail des syndiqués de l'État. Réaction prévisible des syndicats: Émoi, Colère, Surprise, etc.! Bien que le gouvernement aie mal géré son action, les syndicats semblent ici verser des larmes de crocodiles...
Effectivement, il n'y avait aucune surprise quant à l'imposition d'une loi spéciale. Monique Jérôme-Forget avait prévenu qu'un règlement interviendrait, de gré ou de force, avant Noël. Remarquez, depuis lors, les syndicats ont bien su préparer leur terrain. Dès l'annonce de la Président du Conseil du Trésors, ils ont dénoncé le manque de bonne foi du gouvernement dans les présentes négociations. Ils se donnent maintenant le beau rôle d'être outré et de jouer les vierges offensées alors qu'ils ont un peu courru après leur propre malheur. Effectivement, dans toute négociation, il doit y avoir deux parties. Généralement, les torts sont d'ailleurs partagés entre les deux et faire porter le blâme à une seule partie relève de facto de la mauvaise foi crasse. Les syndicats ont le seul mérite d'avoir su prévenir le coup et de s'être positionné avantageusement face au gouvernement.
Comprenons-nous bien. Un règlement négocié aurait-il été plus souhaitable? Bien sûr! Le gouvernement a-t-il su gérer la situation avec succès? Absolument pas! Mais les syndicats ne sont pas blanc comme neige non plus. Face à l'incompétence du gouvernement pour passer ses messages, les leaders syndicaux ont simplement su tirer leur carte du jeux. Les seuls partenaires à avoir raison d'être surpris sont les Centres de la petite enfance (CPE) et leur association qui s'en sont fait passer "une petite vite"! C'était d'ailleurs très évident à écouter la président de l'AQCPE, qui semblait rager intérieurement devant les manigances et la trahison gouvernementale.
La suite des choses
Il est fort à propos pour le gouvernement d'imposer sa loi spéciale à ce moment. Il est reconnu dans tous les milieux militants que, plus l'hiver avance, moins la mobilisation est facile... Aller piqueter par -30C n'est pas très populaire. Déjà que les syndicats, qui avaient annoncé un automne chaud, en ont livré un plutôt tiédasse; le gouvernement minimise les chances de troubles sociaux en choisissant un moment de relâche (les fêtes) suivi des grands froids de janvier et février. Qui plus est, avec l'élection récente de M. Bachand dans le comté d'Outremont, un remaniement ministériel s'impose... L'occasion rêvée de "tasser" la ministre Théberge et les responsables de la gestion déficiente des négociations salariales avec les employés de l'État. La table est donc mise pour une (autre!) tentative de redémarrage de l'appareil Libéral. Les chances de succès semblent néanmoins minimes, devant les ratées successives que connaît ce gouvernement depuis son élection. Parions qu'il saura encore une fois gâcher une disposition favorable des astres politiques!

Saturday, December 10, 2005

www.négligence.gc.ca

Malgré un risque réel, aucun des partis fédéraux ne propose une vraie politique de prévention du terrorisme

Mathieu Laberge
Détenteur d’une maîtrise en économie de l’Université de Nottingham, en Angleterre, et ancien vice-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

Encouragés par l’instabilité du gouvernement minoritaire de Paul Martin, les élus de la Chambre des Communes ont eu tôt fait de balayer sous le tapis le débat sur les mesures à adopter pour protéger les citoyens canadiens d’une attaque terroriste. Alors que les électeurs sont appelés aux urnes, les quatre partis politiques principaux continuent d’ignorer l’éminence de la menace qui pèse sur le pays: aucun d’entre eux n’a fait de la prévention du terrorisme un dossier important de leur programme. L’actuelle campagne électorale doit donner lieu à un débat qui permettra d’assurer à la population canadienne le leadership auquel elle est en droit de s’attendre de ses dirigeants.


Menace concrète…

À l’heure actuelle, on sent que plusieurs politiciens profitent du mythe voulant que l’absence du Canada en Irak suffira à se soustraire à la menace terroriste pour éviter ce sujet politiquement casse-cou. Pourtant, une telle compréhension des événements fait complètement fi de la continuité historique dans laquelle s’inscrit l’actuelle vague de terreur. Depuis plus de 50 ans, les groupes terroristes ont toujours trouvé de nouvelles raisons pour justifier leur guerre idéologique contre l’Occident, sans distinction entre les « bons » et les « méchants ». Avant la guerre en Irak, il y avait le conflit israélo-palestinien. Auparavant, il y a eu la période de décolonisation des années 1950, et ainsi de suite.

Les exemples concrets de la menace qui pèse sur le Canada n’ont d’ailleurs pas manqué au cours des dernières semaines. Presque simultanément, deux Canadiens ont été pris en otage à Bagdad et une perquisition a permis de découvrir des plans du métro de Montréal dans les ordinateurs personnels de présumés terroristes. Que le Canada n’ait pas participé à la guerre en Irak ou que les informations découvertes lors de la perquisition aient été de nature publique importe peu. Les deux événements, survenus le mois dernier, sont venus rappeler la volonté des terroristes d’atteindre la population canadienne. Sans compter qu’Al Qaeda elle-même a annoncé – dans deux communiqués successifs, un en 2003 et l’autre l’été dernier - que le Canada représentait un objectif stratégique établi.


… Négligence réelle

Mais il y a pire! Il y a moins de dix mois, la Vérificatrice générale du Canada annonçait avoir « relevé de graves faiblesses dans les programmes de protection civile et dans certains volets de la sûreté du transport aérien. » Elle déplorait notamment l’absence d’uniformisation dans le matériel destiné à la protection de la population et l’inexistence d’une politique intégrée de prévention du terrorisme. Ce chapitre du rapport de Sheila Fraser a d’ailleurs fait l’objet d’une étude approfondie par le Comité permanent des comptes publics où tous les partis sont représentés. Des deux côtés de la Chambre, l’ignorance est difficile à plaider!

Pourtant, un rapide tour d’horizon des sites web des quatre partis politiques représentés au Parlement donne une bonne mesure de la négligence dont font preuve ceux qui aspirent aux plus hautes sphères de l’État canadien. Les Libéraux se limitent à faire le bilan des actions passées du gouvernement sortant et le NDP ignore complètement l’enjeu de la prévention du terrorisme. Seuls le Bloc Québécois et le Parti Conservateur ont fait connaître un semblant d’engagement électoral sur le sujet. Dans le premier cas, il s’agit toutefois de verbiage insignifiant sur le rôle de l’ONU et dans le second d’une proposition vieille de juillet dernier visant à instaurer un poste de commissaire à la sécurité nationale. Bref, quelle que soit l’issue du vote, la sécurité des Canadiens ne sera pas mieux assurée au lendemain des élections du 23 janvier.

Il y a deux ans, le débat sur l’éventuelle participation du Canada en Irak s’était transformé en véritable psychodrame. Difficile de comprendre, aujourd’hui, pourquoi les députés qui avaient alors déchiré leur chemise pour débattre de la sécurité intérieure d’un pays étranger n’ont même pas levé le petit doigt pour discuter de la sécurité de leurs propres électeurs. Rien ne peut justifier une telle absence de vision de la part des élus canadiens : le pays ne peut plus se permettre l’économie d’un débat sur les orientations et les mesures concrètes à adopter dans le cadre d’une politique intégrée de prévention du terrorisme. Cette élection doit déboucher sur une solution à ce vide monumental.
QU'EN PENSEZ-VOUS?

Wednesday, November 23, 2005

Réponse à "Exit le souverainisme adolescent"

Plusieurs réponses me trottent en tête quand je lis les critiques, positives comme négatives, à mon dernier texte sur les caribous péquistes...
Je crois que plusieurs, dont mon ami Mathieu Bock-Côté, ont mal compris l'objectif du texte, son idée fondamentale. Parler comme Mathieu, ou encore comme ce Monsieur Dubreuil, de "purge" ou de "clouer le bec" aux purs et durs relève soit de la mauvaise foi, soit de l'erreur de lecture. L'appel que je faisais au prochain chef du PQ (maintenant, que nous le savons, à André Boisclair) était de les remettre à leur place... pas à les excommunier ou à entâmer une chasse aux sorcières! N'ai-je pas justement écrit (je ne cite pas littéralement, mais en essence): "que les radicaux du PQ expriment leur opinion, cela va de soi. Mais qu'il imposent leurs pensée, marginalise ceux qui s'y opposent et osent sortir du cadre dogmatique établi, plus jamais!" C'étaient les deux dernières phrases de mon texte!
Je leur reconnaît certes une légitimité, celle qui revient à leur représentativité au sein du PQ. La dernière course à la chefferie est éloquente à cet égard! Premièrement, les quatre candidats les plus radicaux qui ont terminé la courses, associés plus de près que de loin à nos chers caribous, ont recueilli conjointement moin de 5% du vote! Leur élément le plus populaire, le candidat Dubuc, a obtenu à peine 1.4% des suffrages! Est-il normal, alors, que les pensées de ces éléments radicaux occupent l'espace médiatique à ce point? N'est-ce pas prendre le PQ en otage que de crier jusqu'à ce que le commun des mortels pensent que le point de vu des radicaux est le point de vu largement répandu au PQ? Moins de 5% des votes: collectivement, ils ne passaient pas au second tour... pensez-y!
Finalement, on me reproche d'utiliser des mots durs, d'y aller fort. C'est vrai! Mais chacun des mots de ma chronique a été soigneusement choisi pour refléter ma pensée. Je n'en retire aucun. Si je reconnais le droit aux purs et durs de s'exprimer et de faire valoir leur point de vue, j'aimerais bien qu'ils fassent de même!
Je vous conseille par ailleurs de visiter ces quelques sites qui abordent, soit un sujte connexe à ma chronique, soit la chronique elle-même:
Spécialement pour ceux qui croient que je souhaite une purge (ce qui est faux! n'est-ce pas Mathieu ;) ) Il s'agit d'un texte du Devoir qui parles de la course. Portez une attention particulière aux propos de l'ancien président des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), M. Seymour, qui tient essentiellement le même propos que moi.
La réponse des éditions du Québécois. Pas grand chose à redire: la tactique habituelle... on attaque le messager à grands coups de réthorique. Semblerait-il que je serais un adolescent politique pour avoir osé remettre en question leur vérité dogmatique. En passant, Messieurs du Québécois, il est grand temps de réapprendre à lire: ce n'est pas La Presse qui vous traite d'ethnocentristes, c'est Mathieu Laberge ;)
Le forum de discussion des Cowboys Fringants. Un baume dans un monde d'idiotie! Allez lire les commentaires sur la chronique, ça rassure sur l'avenir!
Quelques commentaires plus spécifiques aux débat du blog:
"Ces médias donnent une place à des tendances réelles au sein de la société qui sont plus à gauche, plus nationaliste et moins multiculturaliste. Ces tendances sont là pour durer. Le chef qui voudrait s'en débarasser couperait définitivement le PQ de sa base populaire."
Allez relire le paragraphe sur le score des candidats radicaux dans la course à la chefferie et relisez votre commentaire... Aucun autre commentaire de ma part!
"Quant à l'idée que ces journaux seraient habités par la "haine", il me semble que le mot "rage" serait plus juste. La différence? La haine concerne "ce qu'est" l'autre, la rage concerne "ce qu'il fait". "
Dans le livre des éditions le Québécois auquel je faisais référence, Pierre Falardeau parlais de défaire le cadavre de Ryan (Claude) à la chainsaw... Il ne parlais pas de ce qu'il faisait. Au récent congrès du BQ, Yvan Loubier aurait (remarquer le conditionnel, c'est un fait rapporté; je n'y était pas moi-même) prétendu que la souveraineté nous permettrait de nous débarraser des Dion, Pettigrew, etc... Jamais ces deux illustres penseurs (sic) de la société québécois n'ont mentionné ce que leurs ennemis ont fait... Je continuerai donc à parler de haine et non de rage, désolé pour le rejet de votre proposition!
"J'aimerais cependant que M. Mireault précise pourquoi le terme "Canadian" démontre un mépris pour les Francophones hors-Quebec, alors que les Anglos-Canadiens (surtout lorsqu'ils sont progressistes et de gauche) aiment utiliser le terme "Québec" ou "Québécois" (lorsqu'ils écrivent en anglais)."
Ça m'enrage quand les canadiens anglais nous appellent quebecers... alors que les britanniques n'ont aucun mal à prononcer Québécois! Est-ce pour cela que je vais les appeler "canadians"? Pas du tout! Ma mère m'a toujours dit de pas faire subir aux autres un sort que je ne voudrais pas subir... Je crois que ça a toujours du bon sens!
"Sur les racistes parmi nos adversaires fédéralistes, j'en conviens, ils en ont quelques-uns, tout comme nous. Mais ils ne sont pas plus ni moins racistes ou xénophobes que nous. Je voudrais bien qu'on arrive à sortir de nos attitudes qui prétendent au monopole de la vertu."
Bien vu! Tout à fait d'accord!!
"Croyez-vous que ces gens-là donnent une image juste de militants en faveur «d'un État-nation qui arrive à maturité»?! Moi j'en doute fort, à voir ces gens jouer les guerilleros de pacotille qui se croient encore dans la bataille de la Conquête ou dans les rébellions de 1837. "
Encore une fois, je partage votre point de vue... d'où le titre de l'article!

Saturday, November 12, 2005

Exit le souverainisme adolescent

Qui que ce soit, le prochain chef du PQ devra mettre fin à la prise d’otage idéologique dont ce parti est victime

Mathieu Laberge
Détenteur d’une maîtrise en économie de l’Université de Nottingham, en Angleterre, et ancien vice-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.



Qu’on les appelle « purs et durs », « ceintures fléchées » ou « ayatollahs », Bernard Landry leur a laissé trop de place au cours de son mandat. Comme l’a très justement rappelé Daniel Laprès dans cette chronique, la frange la plus radicale du Parti Québécois a continué de déverser son fiel tout au long du règne de l’ancien chef, notamment par l’entremise des Éditions du Québécois, et ce avec l’appui tacite de plusieurs députés péquistes qui ont acheté de la publicité dans leurs publications. Pis encore, ils ont reçu la caution explicite de Jacques Parizeau et de Bernard Landry qui y ont signé des textes. Dans les semaines qui suivront son élection, le prochain chef péquiste devra mettre au pas les éléments les plus radicaux de son parti de sorte à briser le carcan de terrorisme intellectuel qui prévaut actuellement au PQ.

Premiers à mettre au ban Jean Charest pour sa remise en question de l’héritage de la révolution tranquille aux élections générales de 1998, les indépendantistes « purs et durs » ne se sont même pas rendus compte qu’ils étaient eux-mêmes avant-gardistes en matière de négation du « modèle québécois ». D’abord parce qu’en se livrant à des attaques acharnées visant à décrédibiliser les messagers d’idées contraires aux leurs plutôt qu’en débattant civilement sur le fond, ils ont trahi l’héritage démocrate et humaniste des fondateurs du Parti Québécois.

Plus fondamentalement, en refusant de reconnaître que le Québec a des traditions sociales, politiques et culturelles intimement liés à la présence britannique sur son territoire, ils ont rejeté du revers de la main un pan complet des manières de vivre et d’être de leurs concitoyens. Les institutions politiques, juridiques et administratives de chaque pays façonnent le quotidien des citoyens en définissant les fondements de leurs interactions sociales et des us et coutumes qui les régissent. Contrairement au Québec, la façon d’interagir des Américains repose largement sur les arbitrages des tribunaux : le nombre de poursuites dans le domaine médical et contre des personnalités publiques en fait foi. Ce comportement tient sa source dans l’organisation politique de nos voisins du Sud – George Bush n’a-t-il pas été « élu » par la Cour Suprême lors de son premier mandat?

En affirmant à tout prix que « L’atteinte de l’idéal républicain en sera la préoccupation fondamentale [du Québec souverain]
[1]», notamment en favorisant un mode de scrutin et un régime politique qui n’ont aucun lien avec les traditions québécoises, le Parti Québécois renie l’héritage politique qui forge la structure de pensée et la façon d’aborder le quotidien propre aux Québécois. Ce climat de négation de l’héritage anglo-saxon du Québec se traduit également chez les radicaux par une obsession sociale-démocrate surannée et par l’expression d’un ethnocentrisme qui n’a plus rien en commun avec le vécu de la plupart des Québécois.

Contrairement au message véhiculé par les « purs et durs », reconnaître volontiers l’impact qu’on eu les Anglais sur le Québec moderne n’est pas un acte de haute trahison envers l’éventuel pays, ni même de mercenariat; c’est accepter le modèle québécois dans son intégralité. Il est grand temps de mettre un terme au souverainisme adolescent caractérisé par la révolte face au passé et le rejet de la différence. Le mouvement souverainiste doit désormais miser sur une vision de la souveraineté enracinée dans le présent : une souveraineté interculturelle, humaniste et qui sait conjuguer avec « lucidité » impératifs économiques et équité sociale. La souveraineté doit d’abord et avant tout servir les aspirations futures de la population québécoise et non les ressentiments, vieux de 300 ans, d’une frange d’indépendantistes revanchards.

Bref, en tant que chef de file de l’option souverainiste, le prochain chef du Parti Québécois sera confronté très tôt à une croisée des chemins des plus importante. Il devra choisir entre gérer la décroissance ou le retour en force de son parti. S’il veut vraiment recréer la coalition souverainiste de tous horizons qui existait autrefois au sein du PQ, et possiblement remporter les élections, il devra nécessairement se donner comme premier mandat l’élargissement du spectre idéologique péquiste. Que la frange plus militante du PQ exprime ses idées, cela va de soi. Mais qu’elle monopolise les débats, impose une pensée unique et marginalise quiconque ose sortir du cadre dogmatique prescrit : plus jamais!


QU'EN PENSEZ-VOUS??
forum@lapresse.ca


[1] Un projet de pays, programme du Parti Québécois, disponible à :

Monday, November 07, 2005

Des suites à mes chroniques du "Québec Grand Angle"

Loin de moi l'idée de faire triomphaliste. Personnellement, je déteste le fameux "j'te l'avais ben dit!" En fait, les deux événements que je vais rapporté appuient très éloquemment les propos que j'ai tenu dans mes chroniques précédentes du "Québec Grand Angle" dans La Presse mais on aurait bien pu s'en passer! Je me permet donc de relater deux événements de l'actualité récente, question de faire réfléchir sur les enjeux abordés dans la chronique. Donc, en y allant en ordre chronologique de publication:
Sur la trace de Tony Blair (17-09-2005)
Dans cette chronique du 17 septembre, je déplorais le rôle de gouvernement parallèle que c'étaient donné les syndicats depuis quelques années au Québec. Comme pour me donner raison, voici que Henri Massé, président de la FTQ, s'est imissé sans aucune gène dans la course à la direction du PQ! En gros, Henri Massé a dit: "Nous, à la FTQ, on reste neutre mais maudit qu'on aime Boisclair! Mais on est neutre, là! Mais si je pouvais le dire ouvertement, j'appuierais Boisclair." Pour les personnes intéressées à obtenir de l'information de première main, suivez ce lien.
Imaginez! Non seulement ces omniscients syndicalistes ne se contentent-ils plus d'intervenir sur tous les sujets d'actualité, même ceux hors du champ de compétence l'emploi, mais ils se permettent maintenant de faire de la politique partisanne!
Aujourd'hui, être un syndiqué FTQ, je remettrais en cause la légitimité de mon représentant! Jamais je ne croirai qu'il n'y a que des péquistes à la FTQ! Les syndiqués FTQ qui adhèrent aux idées du PLQ doivent définitivement se sentir trahis et mal représentés! Qui plus est, on peut douter que cette position n'émane d'une instance officielle de la FTQ.
En quoi une élection partisanne concerne-t-elle un chef syndical national?! Pourquoi un chef syndical EN FONCTION, qui aura nécessairement à négocier et à entretenir des liens avec TOUS les partis politiques, se permet-il d'aller au-delà des mandats issus de ses membres pour prendre une part très active dans un débat essentiellement partisan? Monsieur Massé a-t-il sa carte du PQ? On doit désormais questionner la crédibilité de Monsieur Massé et certains de ses membres devraient penser à lui demander des comptes...
Bref, un autre bel exemple de leader syndical qui devrait peut-être se concentrer sur les débats politiques qui touchent directement et universellement ses membres et se mêler de ses affaires autrement...
Tolérance à deux vitesses (15-10-2005)
Dans cette chronique du 15 octobre, j'avançais que le Québec était à l'avant-garde en matière de politiques d'intégration culturelle. Je défendais également la thèse que les pays européens, la France en tête, se dirigeaient droit vers des problèmes marqués de relations interculturelles.
Malheureusement, les événements des derniers jours semblent confirmer mon analyse... Les dernières émeutes dans les quartiers "ethniques" de Paris semblent confirmer l'échec des politiques d'intégration du gouvernement français. Il faut croire que la France devrait s'inspirer des initiatives du Québec en la matière afin d'éviter ce genre de débordements dans le futur.

Wednesday, November 02, 2005

Pour un Québec lucide

Enfin un collectif de personnes influentes on osé dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas depuis très longtemps! Ceux qu'on appelle désormais "les lucides" (parmi lesquels on compte Joseph Facal, Claude Montmarquette, André Pratte et Lucien Bouchard) ont publié un manifeste qui ramène un peu de perspective dans les débats publics du Québec! Leurs constats sont connus depuis belle lurette: depuis la fin des années 1990, on est bien conscient que la situation démographique du Québec n'est pas rose à moyen terme et que cela aura une influence certaine sur les finances publiques. Une fois cela dit, plusieurs ont proposé diverses solutions, mais aucune n'a été mise en pratique... probablement par manque de cohésion. Voilà donc que les lucides ont accompli cette tâche qui, pour l'essentiel, avait déjà été fait mais n'avait jamais été présenté comme un tout cohérent. Les constats et les propositions en ressortent avec une crédibilité accrue, d'autant plus que les 12 sont des personnages connus, appréciés et respectés du Québec.

Mais voilà, hélas! les opposants naturels aux nouvelles idées que sont les groupes militants et syndicaux du Québec ont usé de leur tactique préférée: celle du moindre effort. Quand le message s'avère difficile à réfuter, ils attaquent les messagers. Ainsi, on a eu droit au déferlement habituel d'ineptie et d'insultes à l'intelligence humaine. Jusqu'à Martineau, le franc tireur, qui a relevé toutes les actions passées des signataires qui pouvaient venir en contradiction avec leurs propositions! Étonnamment, c'est le groupe de Françoise David et consorts qui a réagit avec le plus de dignité dans l'affaire: en publiant un "contre-manifeste" qui expose leurs solutions aux constats des lucides.

Ils se sont nommés les "solidaires" et sont revenus avec la rangainne habituelle, certe, mais ils ont au moins eu le courage de contre-proposer. Car c'est bien de cela dont il est question ici. Les constats sont alarmants et reconnus de tous, à moins de porter des lunettes roses incassables! Par contre, la discussion est maintenant lancée sur les solutions à apporter. Je suis en total accord avec celles proposées par les "lucides", mais je comprends qu'on puisse vouloir en débattre.

Ainsi, je me permettrai un commentaire sur le contre-manifeste. La proposition des "solidaires" qui m'a réellement fait sortir de mes gonds est celle qui minimise l'impact de la dette publique du Québec. Essentiellement, les "solidaires" prétendent que la dette n'est pas une mauvaise chose en soit. Vrai!... Quand elle a une contrepartie en infrastructures et en immobilisations, des routes, des écoles, des barrages par exemple. Le problème du Québec, c'est que pendant trop longtemps, on s'est endetté pour payer "l'épicerie": les fonds de pension, le filet social et autres mesures louables... quand on en a les moyens. Bref, le Québec a vécu au dessus de ses moyens pendant plusieurs années, sans se soucier de l'impact sur les générations futures.

Je crois qu'affirmer que la dette du Québec n'est pas une mauvaise chose est faire preuve de déconnection et d'injustice flagrante! Les "solidaires" proposent de continuer la spirale de l'endettement au nom de la justice sociale envers les plus démunis. Est-ce que la justice sociale immédiate justifie une injustice intergénérationnelle? Car la dette d'aujourd'hui ce sont les générations futures qui la paieront! Bref, au nom de justice sociale parmi les baby boomers, on appauvri les générations futures! C'est absurde!

On nous dit: "mais vous n'aurez qu'à continuer à bénéficier des mêmes service que nous avons actuellement. Nous sommes des précurseurs de la justice sociale!" Je réponds: "Bien... mais à quel prix?" Comme contribuable et comme être humain, je n'accepterais jamais que mes enfants et mes petits enfants paient parce que j'ai perpétué un rythme de vie insoutenable. Pourquoi une société devrait-elle l'accepter?

En fait, c'est un bien beau débat, sain et nécessaire, qu'ont lancé les "lucides". Les "solidaires" y ont répondu avec des solutions utopiques, mais au moins avec un désir de débattre et non de détruire. Reste maintenant à voir où cela mènera le Québec à moyen terme!

Saturday, October 15, 2005

Tolérance à deux vitesses

Pourquoi devant un modèle aussi inspirant, la société québécoise demeure-t-elle aussi peu inspirée?

Mathieu Laberge
Détenteur d’une maîtrise en économie de l’Université de Nottingham, en Angleterre, et ancien vice-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.
En l’espace de quelques temps, le Québec se sera montré sous son meilleur et son pire jour en ce qui a trait à l’intégration et à la tolérance envers les communautés culturelles. La nomination de Michaëlle Jean, première femme noire à occuper le poste de Gouverneure générale, a recueilli 89% d’appui chez les Québécois. Pourtant, à peine quelques jours plus tard, le Doc Mailloux ressortait le vieux cadavre de la « xénophobie québécoise » du placard avec ses déclarations controversées sur les ondes de Radio-Canada. Deux événements qui laissent des questions fondamentales dans leur sillage.

Le Québec est définitivement au devant des autres pays occidentaux en ce qui a trait à l’ouverture face aux différences culturelles. Loin de se contenter de financer à la pièce les initiatives des groupes ethniques ou de simplement ignorer les difficultés liées à la cohabitation de citoyens d’origines diverses, les gouvernements québécois successifs ont privilégié les échanges entres les citoyens en les outillant pour passer outre les barrières culturelles. Le fer de lance de ce choix politique aura certainement été la volonté de rendre l’apprentissage du français accessible au plus grand nombre. Ce faisant, on a favorisé le développement de relations interculturelles dans la sphère publique, tout en reconnaissant des espaces privés propres aux différents groupes.

Par ailleurs, le concept de mobilité sociale a également pris une grande importance dans le développement du Québec. Issus du « nouveau monde » et confrontés très tôt dans leur histoire à la nécessité de se coaliser pour survivre, les Québécois ont su le mieux affirmer leur solidarité en refusant le modèle social du vieux continent axé sur les divisions entre la classe ouvrière, la classe moyenne et l’aristocratie. Cette organisation de la société a subsisté jusqu’à aujourd’hui, à un point tel qu’être issu de la classe ouvrière au Québec en 2005 n’est pas une fatalité du destin mais un beau défi pour qui veut changer sa situation socio-économique.

Il importe maintenant de reconnaître qu’au-delà du terme malmené et utilisé à toutes les sauces, ces deux concepts de relations interculturelles et de mobilité sociale accrues incarnent le véritable visage du modèle québécois tel qu’on le connaît de nos jours.


L’Europe : à des années-lumière

Les pays européens sont à des années-lumière du Québec à ce chapitre. La France est aux prises à la fois avec une structure sociale qui nie toute mobilité entre « castes économiques » et avec des problèmes endémiques de tensions ethniques qui se concentrent au niveau des « cités », ces ghettos de la banlieue parisienne.

L’Angleterre, pour sa part, est toujours confronté à des classes sociales imperméables. La crise est si criante qu’une chaîne de télévision britannique a diffusé un documentaire de trois heures sur le sujet récemment. Le gouvernement britannique tend néanmoins à adopter de plus en plus des politiques interculturelles inspirées de celles du Québec – ne serait-ce qu’en regroupant tous les leader religieux afin qu’ils travaillent conjointement au plan d’action contre le terrorisme. Ce virage a d’ailleurs porté fruit : les enclaves ethniques sont de moins en moins omniprésentes dans les banlieues des grandes villes britanniques. À cet égard, il est bon de rappeler qu’à la suite des attentats terroristes du 7 juillet dernier, les voisins des kamikazes qui étaient interviewés par la télévision publique témoignaient systématiquement de l’harmonie qui régnait entre les différents groupes culturels du quartier. Une intervenante faisait d’ailleurs ressortir comment les familles mettaient en commun l’éducation des enfants… un peu comme si le « Faubourg à la mélasse » était devenu pluriethnique.

S’il est vrai que les politiques québécoises devraient être un modèle d’intégration culturelle et sociale pour plusieurs pays occidentaux, plusieurs questions demeurent toutefois en suspens. Pourquoi devant un modèle aussi inspirant, la société québécoise demeure-t-elle aussi peu inspirée? Comment se fait-il que des individus comme le Doc Mailloux continuent de rejoindre un large auditoire et réussissent à faire passer leur message rétrograde? Bref, se pourrait-il que les gouvernements des quarante dernières années aient été à ce point à l’avant-garde de leurs citoyens qu’il y ait maintenant un fossé considérable qui les sépare en matière de politique d’intégration? Le Québec est-il désormais réduit à tolérer deux vitesses?
QU'EN PENSEZ-VOUS?

Saturday, October 08, 2005

Les surplus fédéraux redistribués aux contribuables: Bien joué! | Federal surpluses redistributed to taxpayers: Well Done!

Le gouvernement de Paul Martin a anoncé cette semaine un nouveau projet de loi qui vise à redistribuer les surplus fédéraux. Essentiellement, les surplus imprévus seront répartis comme suit: un tiers au paiement de la dette, un tiers à de nouvelles dépenses de programmes et un tiers sera retourné aux contribuables. La réserve pour imprévus, au montant de 3 milliards de dollars, est exclue de ce programme. Tout excédent de cette réserve continuera à être affecté au paiement de la dette. Ce nouveau projet de loi a du bon... si le gouvernement ne s'abaisse pas à faire de la petite politique!

En soit, de retourner une partie des surplus aux contribuables est une bonne chose, et pas seulement par principe. Comme on pouvait s'y attendre, les provinces canadiennes ont dénoncé ce nouveau programme de retour des surplus aux contribuables en argant qu'il aurait mieux valu mieux financer les transferts aux provinces pour les programmes sociaux, l'éducation et la santé. Cet argument est un piège de la pire espèce! Si le gouvernement fédéral avait agi de la sorte, il aurait fait le jeux des provinces qui visent à se financer sur le dos des contribuables sans que ceux-ci ne s'en rendent compte. Bref, Paul (Martin) aurait perçu des impôts en son nom et les aurait gracieusement donné à Jean (Charest), sans que les payeurs de taxes ne voient ce petit jeux de passe-passe.

Au contraire, la redistribution des surplus fédéraux directement aux contribuables a l'avantage d'encourager la clarté! Dorénavant, si les provinces veulent mieux financer leurs "services", comme le gel des droits de scolarité, ils auront un espace de taxation renouvellé. Mais elles auront également le fardeau d'expliquer aux contribuables pour l'argent qui leur a été envoyé par le fédéral leur est retiré par le gouvernement provincial via une taxation plus importante. Fini, donc, les jeux de vases communicants qui encourageaient la perception que le fédéral payait pour des services qui étaient en fait payés par les contribuables.

Il y a cependant un revers à la médaille. Ce nouveau projet de loi "sur la redistribution des surplus imprévus" donne un mauvais incitatif au gouvernement fédéral lui-même. Immédiatement après les élections, le gouvernement se trouvera devant un dilemme de taille: continuer des prévisions très pessimistes et retourner des chèques aux contribuables à la fin de l'année à cause de surplus imprévus ou faire des prévisions beaucoup plus réalistes et accroître encore et encore les dépenses fédérales dans des champs de compétence provinciale. En temps électoraux, comme à l'heure actuelle, il ne fait aucun doute que le gouvernement cherchera à retourner le plus gros chèque possible aux contribuables/voteurs... Mais une fois les élections passées, rien ne servira de retourner de l'argent aux voteurs et, du même coup, on risuqe de se retrouver dans une spirale de dépenses étourdissantes... Le temps nous dira ce qui adviendra...
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Paul Martin's government just anounced a new bill aimed to redistribute the federal unexpected surpluses as follows: a third to pay the debt, a third on new expenses and a third in check to the taxpayers. This new bill is good... if the government doesn't play games with it...

As we should've expected, the provinces denounced the bill soon after it has been presented to the House of Commons. They would've prefered a better funding for the federal transfers in terms of social programs, education and health. Fortunately, the federal government has been pragmatic enough to avoid this "lobster pot". It would've been playing the provinces' games to allow a direct transfer without any aknowledgability: taxpayers would've paid for a lot of services without even knowing it! In short, Paul (Martin) would've perceived tax to give it gently to Jean (Charest) by jupping over the taxpayer.

Now, if the provinces want to finance better their own services, let's say teh tuition fee freeze, they will benefit from a whole field of taxation. However, they'll have to explain their voters why they take the return the federal just granted them. In fact, this new bill encourages a big deal of clarity in the taxation. It puts the beginning of an end to these games of transfers.

However, the bill has also its counterside. It gives a bad incentive to the federal government. Once the elections passed, there will be no incentive for the governement to send a gift in order to be reelected. Therefore, the next government will make a choice: either continue to have pessimistic previsions and send back a generous check to every taxpayer at the end of the year OR take much more realistic prevision in order to avoid unexpected surpluses and spend a lot more in the provinces' field of competency. Before the election, just like now, the governement will have the incentive to underestimate its surpluses in order to send the biggest gift possible to the voters. But after the elections, it will have the incentive to start a new spiral of unrational expenses. The future will tell us what will win between good will and politics!

Saturday, October 01, 2005

Le Québec grand angle: Texte de Daniel Laprès

Je reproduis aujourd'hui le texte publié dans la chronique "Québec grand angle" par mon collègue et ami, Daniel Laprès. Dans un texte bien argumenté et appuyé sur une publication des éditions Le Québecois, il dénonce le virage intolérant pris par les "ceintures-flechées" péquites. Il avance également, avec raison!, que les dirigeants du mouvement souverainiste ont "trahi" le fond et la forme de la pensée de René Lévesque en cautionnant une telle parution. Il aura donc fallu qu'un fédéraliste remette les pendules à l'heure des dogmes et contradictions péquistes. Étant moi-même souverainiste et totalement en accord avec le fond du texte de Daniel Laprès, je trouves dommage qu'il aie fallu attendre si longtemps avant que quelqu'un ose faire ressortir ces abhérations. Que ce soit un fédéraliste qui le fasse devrait rendre tous les souverainistes modérés, dont je suis, honteux.
Par souci de justice, je vous fourni également la réponse du groupe Le Québécois ici. Je me permet néanmoins de commenter. Je n'accorde absolument aucune crédibilité à ce texte du groupe Le Québécois. En tant que souverainiste, je trouves lamentable qu'on en soit rendu à attaquer le messager parce que le message est inattaquable. Les citations de Daniel Laprès sont véridiques et reportées dans leur contexte. Je les ai lues dans ledit bouquin et j'ai eu envie de vomir. Malheureusement, les auteurs de ces textes sont aveuglés par leur dogmatisme et leur refus de la diversité des opinions. Le pire, c'est que pour des raisons iminemment stratégiques, les chefs du PQ et du BQ les ont parfois appuyés. Ça promet pour le pays!
Amis souverainistes, vous m'accolerez les étiquettes que vous voudrez bien, je m'en fout! Oui, j'écris des textes dans La Presse, propriété du groupe Gesca! Oui, j'ai demandé au groupe Le Québécois de cesser de me faire parvenir leurs courriels parce qu'à chaque fois un haut le coeur m'attaquait! Oui, je suis nationaliste, socialement progressiste et fiscalement conservateur! Et je suis fier de tout cela! Je l'assume! Maintenant, mes amis souverainistes que les modérés s'impliquent et fassent savoir que le pays que nous souhaitons n'est pas celui véhiculé par les ceintures-flechées. Tant qu'à vous, amis ceintures-flechées, je me permettrai de paraphraser voltaire: je suis en total désaccord avec vos idées, mais je suis prêt à donner ma vie pour que vous puissiez les exprimer! À vous de reconnaître le même droit aux Daniel Laprès de ce monde!
Voici donc le texte en question:
"Les leaders indépendantistes prétendent souvent qu’eux seuls, contrairement aux fédéralistes, sont de vrais démocrates. Mais on peut en douter, du moins à la lumière d’un livre récent, Voler de ses propres ailes, un recueil d’articles du journal Le Québécois, devenu célèbre cet été en tentant de déclencher contre Michaëlle Jean les fureurs des éléments xénophobes et réactionnaires du Canada anglais — les «purs et durs» dévoilant ainsi leurs alliés objectifs.

Voltaire poussa jadis l’exigence d’éthique démocratique jusqu’à affirmer: « Je suis contre votre opinion, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez l'exprimer ». Dans cet esprit, est réellement démocrate celui qui s’engage à défendre le droit de chacun à s’exprimer en toute liberté, dont le respect des personnes est une condition essentielle. Or, ce livre démontre que plusieurs parmi l’intelligentsia et les leaders indépendantistes, loin d’assumer cet esprit démocratique, font au contraire preuve d’une troublante complaisance pour une haine qui constitue une atteinte directe à la liberté d’expression, une tentative d’intimidation visant à réduire au silence le point de vue opposé, une peste qui tue l’esprit démocratique.

Qu’on ne se demande pas pourquoi plusieurs citoyens fédéralistes n’osent plus s’exprimer ouvertement au Québec. Pour comprendre, lisez ce livre, où le francophone fédéraliste est décrit comme un «traître», une «crapule» dédiée à l’«asservissement» du Québec, un «ennemi» que l’on se retient de ne pas «fesser à coups de deux par quatre» ou de «découper à la chain saw» (je n’invente rien : p. 106). Mais en plus, si vous êtes souverainiste, mais plus modéré que les Gardes Bleus du journal Le Québécois, vous serez également conspué. Ainsi Françoise David — qui ne risque pourtant pas d’être vue drapée dans l’unifolié un 1er juillet, ayant commis le péché, Ô combien mortel, de questionner certains aspects du projet souverainiste, se voit elle aussi grossièrement dénigrée par un Pierre Falardeau. D’ailleurs, la direction du Québécois a pris soin de reproduire l’article, haineux à en glacer le sang, qu’a écrit Falardeau pour célébrer la mort de Claude Ryan, en le faisant suivre d’articles justifiant cette haine contre celui qui fut en 1982 l’homme du «Québec d’abord!» qui vota avec le gouvernement Lévesque contre le rapatriement de la Constitution.

On peut se demander ce que font dans ce bréviaire de l’intolérance haineuse des Gérald Larose, Monique Richard, Hélène Pelletier-Baillargeon, Hélène Pedneault, Jean-Marc Léger et bien d’autres. Mais au fond, c’est leur affaire et ils n’ont qu’à vivre avec, n’ayant jamais aspiré à diriger les destinées du Québec. Mais par contre, que des personnalités politiques comme Gilles Duceppe, Jacques Parizeau et Bernard Landry (qui a signé la postface en évoquant Falardeau en exemple) y soient associés, voilà qui pose problème. On aura beau proférer toutes les horreurs imaginables contre le reste du Canada, je doute de voir un jour deux de ses anciens premiers ministres s’associer à une œuvre haineuse qui célèbre notamment la mort d’un être humain.

Bernard Landry avait pris l’habitude d’invoquer «le Grand René Lévesque»; outre que, de son vivant, M. Lévesque n’appréciait guère être accablé d’hyperboles du genre, ce qui faisait la «Grandeur» de René Lévesque, c’était qu’il était un démocrate qui savait respecter l’être humain dans ses adversaires, qui avait l’intolérance et le fanatisme en horreur et qui, dégoûté par l’ovation faite à l’un des assassins de Pierre Laporte au congrès du PQ en 1982, secouait sa tête en la tenant à deux mains. Jamais René Lévesque n’aurait signé la postface d’un tel livre.

Dans un message qu’on trouve sur le site internet de l’ineffable journal, Jacques Parizeau assure que ce dernier «reflète de mieux en mieux la mouvance souverainiste au Québec». En parcourant ce livre, dont le titre aurait bien pu être Intolérance et fanatisme pour les nuls, on constate que ce propos de l’ex-premier ministre n’a rien pour rassurer ceux qui veulent que la démocratie règne dans le Québec d’aujourd’hui et de demain.

Tandis que la campagne à la direction du PQ bat son plein, il serait peut-être utile de demander aux candidats à la succession de M. Landry si, au chapitre de l’éthique démocratique, ils auront la décence de se démarquer radicalement de certains des chefs récents de leur parti, pour plutôt adopter l’attitude d’un René Lévesque. "