Wednesday, October 04, 2006

Opportunisme indécent | Shocking opportunism

Je reprend rarement des opinions publiées dans La Presse, pour éviter qu'on ne m'associe encore plus au troublant "complot gescaen" (lire le cynisme dans ma phrase!). Mais j'ai trouvé l'éditorial d'André Pratte sur l'opposition d'André Boisclair (il abordait aussi la réaction de Mario Dumont) à la nomination de Pierre-Marc Johnson très à propos. Je cite l'extrait qui a particulièrement attiré mon attention:
"M. Boisclair aurait souhaité que le Conseil des ministres confie l'enquête à un juge. Il est vrai que plusieurs exercices du genre ont été présidés par un magistrat. Mais ce n'est pas la règle. Le gouvernement Bouchard a confié à l'ingénieur Roger Nicolet les enquêtes sur les inondations du Saguenay et sur la crise du verglas. Ingénieur, M. Nicolet était-il mal placé pour se pencher sur le travail d'autres ingénieurs? Ancien candidat péquiste, était-il moins capable d'examiner les décisions prises par le gouvernement du PQ?[...] L'indépendance et l'intégrité de M. Johnson n'ont jamais été mises en doute. Il n'y a aucune raison de le faire aujourd'hui si ce n'est dans l'espoir d'embarrasser le gouvernement. Une tactique qui, dans les circonstances tragiques que l'on sait, est tout simplement indécente."
Et je vous laisse également le lien pour lire ce texte. Comme il représente parfaitement mon opinion, je ne me contenterai que d'ajouter des faits qui n'ont pas été mentionnés. D'abord, André Boisclair a été le premier à courir pour faire acte de présence sur les lieux du drame. Cela ressemble à de l'opportunisme malsain et hautement déplacé.
Plus fondamentalement, il y a le fait qu'André Boisclair réclame depuis deux jours un élargissement du mandat de la Commission Johnson... tout en décriant que la personne la plus apte à analyser une question de gouvernance plus large soit à la tête de ladite commission! Pierre-Marc Johnson est en effet une personne très qualifiée pour répondre aux questions que pose le chef du PQ depuis deux jours: il a une connaissance et une expérience approfondie de l'appareil gouvernemental et de son processus de décision. Alors, pourquoi lui demander de se retirer?
Que ce soit André Boisclair ou son entourage, ou les deux, il y a une manque de jugement flagrant depuis peu au PQ. Pas étonnant que le changement de chef ne se traduise pas en intentions de votes. Des changements profonds s'imposent...
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The André Pratte's column in La Presse two days ago was particularly right whil saying that André Boisclair's and Mario Dumont's strategies to react to the last saturday's events were unacceptable and shocking. It is possible to read the article at this link. Since it represents clearly my opinion, I'll one add a few facts. First, André Boisclair was the first politician to rush to meet the medias at the accident's place. It sounds like a distasteful and unacceptable opportunism.
More revealing was the lag between two of the PQ's claims. First, it asked Pierre-Marc Johnson to resign from the Public Commission because he was a former PQ's PM. On the other hand, it was asking for increased responsabilities of the Commission. So, why were they asking for the resignation of the person the most suitable to answer those wider questions? Pierre-Marc Johnson has an extensive experience f the State and its decision-making process...
It is now clear that either André Boisclair or its political, or both!, lacks judgement. Thus, it's not surprising that the leader's swap hasn't led to more votes for the PQ. Definitely, it's time for sound changes in the political approach PQ's adopting.

1 comment:

Daniel Fortin said...

Bonjour Matthieu,

Cette triste affaire nous permet de constater une fois de plus combien la classe politique manque cruellement d'éthique. Serait-ce trop demander à nos politiciens de mesurer leurs gestes et leurs paroles à l'aune de la morale la plus élémentaire? Personne n'ignore en effet que nos infrastructures sont lourdement hypothéquées et cette faute est collective. Pour des motifs bassement électoralistes, aucun des gouvernements qui se sont succédé n'a eu le courage de faire les choix budgétaires nécessaires pour entretenir correctement nos ouvrages d'art, et la baloune est en train de nous péter en pleine face. Tenter de se faire du capital politique sur cette histoire est non seulement indécent, c'est immoral.

Daniel Fortin