Wednesday, February 11, 2009

7 cents pour faire lire les jeunes | 7 cents to make young people read


Grand scandale cette semaine: le Ministère de l'Éducation a versé 250 000 $ au Club le Canadien de Montréal pour la réalisation de matériel pédagogique célébrant les 100 ans de l'équipe. Le scandale: le gouvernement a contribué à payer une campagne de promotion... "C'est indécent!", "Du pur pétage de bretelle.", "Qu'on leur fasse lire des romans.": l'indignation fuse de toutes parts.
Nuance importante: le matériel n'était pas distribué directement au enfants. Les enseignants avaient le choix de l'utiliser ou non. Un adulte responsable avait donc la possibilité de juger de la pertinence du matériel.
Pour remettre les choses en perspectives, 250 000 $ pour l'État québécois équivaut à 15 cents pour un ménage qui gagne 40 000 $ par année! Autre façon de voir les choses: si chaque contribuable imposable (donc qui paie des impôts) avait eu à verser de sa poche ce montant, il lui en aurait coûté 7 cents... Parle-t-on d'une tempête dans un verre d'eau ici? Poser la question, c'est y répondre! Certaines subventions beaucoup plus importantes sont aussi beaucoup plus douteuses sans qu'on en fasse un cas de conscience.
Le fait est que ces fascicules, même s'ils font la promotion d'une organisation privée, incitent les jeunes à lire, écrire et compter. Donc, à s'intéresser aux matières scolaires. Chez les jeunes garçons, cet impact n'est pas négligeable. Surtout quand on a appris, cette semaine, que plus d'un tiers des garçons quittaient l'école secondaire sans diplôme. Est-ce que leur faire lire des romans atteindrait le même objectif? Pas certain: il faut bien commencer quelque part.
Alors, suis-je prêt à dépenser 7 cents pour inciter les jeunes à apprendre à lire, écrire et compter sous la supervision d'un adulte responsable. Certainement! Je suis même prêt à en dépenser 15. Qui dit mieux?

* * *

Breaking News! The Department of Education contributed $ 250 000 to the Montreal Canadiens for the production of school material. The problem? The money was used to design a so-called promotion campaing. "Indecency!" "Show off." "Make them read novels." were the reactions.
Important detail: the material was not distributed directly to the students. Teachers were free to use it or not. A responsible adult had the authority to judge of its usefulness.
To put things in perspectives, $ 250 000 for Quebec government is equivalent to 15 cents for a household earning $ 40 000 a year! Another to see it is the following: if every net taxpayer had to finance this program for its own pocket, it would've cost 7 cents. Is this a scandal? Asking the questions is giving the answer... Some subsidies cost much more and are useless without making the front page of any newspaper.
The fact is, however the papers are promoting a private organization, they incite young people to learn how to read, write and calculate. For young males, the impact of such a program might not be negligeable. No later than this week, data showed that more than a third of young male were leaving high school without any diploma. Is reading novels will have the same effect? I doubt of it: we have to start from a realistic point.
So, am I willing to pay 7 cents to incite young people to read, write and calculte under the supervision of a responsible adult? Sure! I am even willing to pay 15 cents! Who gives more?
(photo: wikipedia)

3 comments:

Pierre Guérin said...

Si le matériel pédagogique est d'assez bonne qualité qu'il aurait pu être approuvé par le Ministère de l'éducation, je dirais même plus qu'on pourrait interpréter que c'est non pas le gouvernement qui a subventionné le Canadien, mais bien le Canadien qui a subventionné le gouvernement...

Quant au principe général de l'interdiction de faire de la publicité à l'école, je me demande s'il n'y a pas plutôt un avantage à ce que cette publicité soit faite à l'école; alors que des professeurs sont présents pour éduquer les enfants à se protéger des « attaques » publicitaires (une éducation qui fait malheureusement défaut à de nombreux adultes...).

Nicolas Paquin said...

Salut!

Mon article sur Itinéraire facultatif du 11 février dernier met les choses en perspective.

Le geste n'est pas acceptable, compte tenu du fait que des professionnels comme moi ont:

a) la formation et le potentiel pour faire du bon matériel;
b) le souci de tirer vers le haut en enrichissant les élèves.

Jamais, au grand jamais, le ministère ne financera mon projet de distribuer du matériel gratuitement dans les écoles, matériel qui, en toute modestie, est efficace et rencontre les objectifs du programme.

Quant au prétexte du décrochage, il déraille sous l'argument de la logique: ce matériel a un impact négligeable sur le parcours de l'apprenant et il est distribué... au primaire.

Dans les faits, décrochage et faillite du réseau scolaire québécois ne sont que le résultat de trois aspects:
1)désengagement parental;
2)appareil bureaucratique lourd et déconnecté du milieu;
3) abdication du corps enseignant (qui s'en remet à Kovalev et Latendresse pour faire croire qu'une fiche-pub à 7 cents accrochera les gars pendant 11 ans de scolarité).

Claude Gelinas said...

Ce serait naïf de penser que l'organisation américaine du richissime George Gillett, alias le "Canadien de Montréal" produit des documents pour le seul bénéfice des enfants.

Il s'agit d'un geste calculé visant à accroître l'exposition de sa marque.

Le Canadien de Montréal peut le faire sans l'aide du gouvernement, si ça lui chante mais le gouvernement du Québec doit demeurer centré sur sa mission d'éducation auprès des enfants et laisser la propagande commerciale à George Gillett et ses collaborateurs qui sont assez grands pour s'occuper seuls de leurs affaires.

Nos enfants méritent mieux que de se faire vendre les vertus d'un sport dit professionnel mais tombé en décadence depuis que l'argent y éclipse toute forme de véritable noblesse sportive.