Tuesday, September 13, 2005

Le plus grand quotidien français d'Amérique | America's most important French newspaper



Quelques mots pour vous faire savoir que dès samedi prochain j'aurai une chronique mensuelle dans le journal La Presse. La chronique "Le Québec grand angle" sera partagée entre quatre auteurs (un par semaine au cour du mois) et visera à présenter avec du recul l'actualité québécoise. Mes collègues pour la rédaction de la chronique sont:
- Stéphane Kelly, Essayiste et professeur de sociologie au Cégep de Saint-Jérôme;
- Daniel Laprès, Membre fondateur du Réseau canadien pour le libéralisme et la démocratie;
- Geneviève Nootens, Professeure de science politique, UQAC.
J'ai également reçu la permission de La Presse de poster mes articles publiés sur le présent blogue. J'espère donc que les gens seront nombreux à venir me faire connaître leurs commentaires sur mes papiers. La seule chose que je demande dans les commentaires est d'être constructif! J'apprécie les débats et les désaccords, mais pour refuser un idée il faudra en proposer une autre. Parallèlement, je continuerai à donner de mes nouvelles et j'essaierai, les semaines où je ne suis pas publié dans la version papier de La Presse, je poster quelques textes courts sur l'actualité. À très bientôt...
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A few words to let you know I've been confirmed as a columnist at La Presse, the most important French newspaper in America. I'll publish one paper monthly in the column "Quebec wide angle". The column aims to widen the views about Quebec's news and will be shared by three other authors:
- Stephane Kelly, Writer and Sociology teacher at Saint-Jerome College;
- Daniel Laprès, Founding member of the Canadian Network for Liberalism and Democracy;
- Geneviève Nootens, Teacher of Politics, University of Quebec in Chicoutimi.
I've been allowed to publish my papers on my blog. I do hope a lot of people will comment them. I just ask people to be constructive: if you want to be against an idea, it is expected that you'll have something better to propose. In the meanwhile, I'll continue to give some news from my new life in Montreal on this blog. During the weeks I'm not published in La Presse's paper edition, I'll try to put a few articles on that blog. See you soon...

1 comment:

Daniel Fortin said...

Monsieur Laberge,

J’ai pris plaisir à vous découvrir dans le journal La Presse, alors que vous dénoncez avec aplomb la «prise d’otage idéologique» dont le parti québécois est victime. Les récents événements de la course à la chefferie du PQ vous donnent d’autant plus raison, alors que madame Marois s’est vue semoncée par ses adversaires pour avoir osé affirmer que la souveraineté du Québec ne se ferait pas sans heurts. On a même réclamé des excuses. Cette histoire m’a renversé. Pour ma part, j’aurais sans doute utilisé le terme omertà, mais mon choix éditorial est basé sur le fait que je ne me situe pas dans votre camp. Alors que vous vous qualifiez de séparatiste modéré, je pourrais sans doute me décrire comme un fédéraliste mou. En somme, je pourrais être séparatiste, mais je ne veux pas de ce séparatisme là ; je suis donc fédéraliste, malgré que ce fédéralisme là ne me plaise pas vraiment.

Mon avis est que les séparatistes sont incapables de faire la démonstration de la nécessité de l’indépendance du Québec car les enjeux qui concernent les québécois aujourd’hui ne sont pas liés au statut politique actuel du Québec. Que l’on parle de santé, d’éducation, de chômage, de développement économique ou d’environnement, on ne peut expliquer comment un Québec souverain se tirerait mieux d’affaires. Le Québec dispose déjà de toutes les compétences nécessaires en vertu de la constitution du pays pour faire face à ces enjeux. En fait, la preuve est plutôt que dans un environnement politique similaire, et malgré le fait que le Québec peut se prévaloir – et s’est en fait déjà prévalu - de la clause nonobstant pour se retires d’un programme national, le Québec se tire généralement moins bien d’affaires que les autres provinces : Taux de chômage plus élevé, accès aux services de santé déficients, taux de diplomation inférieur, croissance économique inférieure. Nous payons déjà plus d’impôt que tous les autres citoyens canadiens et nous ne sommes même pas capables de faire aussi bien qu’eux. Et le PQ réclame encore plus d’argent. Le pseudo déséquilibre fiscal est en effet aujourd’hui l’argument favori utilisé par les séparatistes pour justifier la sécession : Que les surplus du fédéral nous soient rendus et nous serons en mesure de faire face à ces questions. Le problème, c’est que cet argent n’est pas notre argent. C’est l’argent que certaines provinces plus riches (comme l’Ontario et l’Alberta) paient en trop au fédéral, considérant que le Québec et certaines autres provinces plus pauvres reçoivent plus qu’il ne donne au fédéral au chapitre des programmes et de la peréquation. C’est en outre étonnant que l’on tente de justifier la séparation du Québec à cause des surplus aujourd’hui, alors qu’en 1995 on la justifiait à cause des déficits. Je suis généralement méfiant vis-à-vis ceux qui prêchent une chose et son contraire pour tirer une conclusion similaire.

Ceci nous amène au cœur de mon problème. À cause de la difficulté de justifier rationnellement la sécession du Québec, les stratèges séparatistes doivent se rabattre sur des arguments essentiellement émotionnels. On affirme que le Québec est une anomalie historique que seule la séparation pourra corriger ; on personnalise le débat (en 1995, le fédéral était personnifié par Jean Chrétien que l’on s’est efforcé de «démoniser», aujourd’hui on s’en prend à Paul Martin, Stéphane Dion et Jean Charest) ; on joue la fibre nationaliste et de la protection du fait français. Ce jeu est dangereux car il mène tout droit à l’intolérance. La liste des ostracisés (traîtres?) est longue en effet : Jean Chrétien et tous les députés libéraux, Claude Ryan, Trudeau (père et fils), Guy Bertrand, Alain Dubuc, André Pratte, Michaëlle Jean et j’en passe. Vous-même avez subi le même sort sur votre propre blogue. Le fait est que, en tant que fédéraliste (mou, mais fédéraliste quand même), je me sens dépouillé de mon Québec. Mon drapeau a été récupéré par les séparatistes, ainsi que ma fête nationale. Les artistes québécois, auxquels j’ai désormais de la difficulté à m’identifier, doivent prêter allégeance à la cause sous peine de subir la foudre des nationalistes (rappelez-vous Jean-Daniel Dubois en 1995). Même le qualificatif québécois est récupéré par les deux partis indépendantistes. Toutes ces manœuvres instaurent un climat malsain dans notre patrie du Québec. C’est ce séparatisme là que je condamne. De grâce, amenons le débat au niveau où il doit se situer, soit au niveau des enjeux fondamentaux. Si la conclusion à tirer est que la séparation n’est pas la solution, ayons l’honnêteté de le reconnaître. Les québécois se sont prononcés deux fois sur la question. On se propose de revenir encore et encore, jusqu’à ce que ça passe, au fond. Après cela, plus question de revenir en arrière. Dans ces conditions, l’indépendance du Québec est possible non pas parce que les québécois auront voté pour, mais parce qu’ils auront cessé de voter contre. C’est probablement l’une des plus mauvaises manières d’atteindre l’indépendance.

Daniel Fortin
Gatineau