Thursday, March 23, 2006

L'épopée de Madame ou Boisclair et les désertions...

Vraiment, il n'en rate pas une! André Boisclair a vu un plat se dresser devant lui... et il n'a pu réprimer son envie de mettre le pied dedans! Franchement, sa réaction suite au départ de Pauline Marois a été définitivement malhabile. Il est vrai que des départs du PQ surviendront dans les prochaines semaine, voire les prochains mois. C'est d'ailleurs le cas à l'approche de toute élection suivant la nomination d'un nouveau chef. Mais le moment était pour le moins mal choisi alors que sa rivale de novembre dernier se retirait avec grâce et en lui lançant des fleurs. Pis encore, il a fallu que le malheureux en fasse une question de renouvellement générationel. Je suis jeune et je vois d'un oeil plutôt positif l'arrivée d'une nouvelle génération de politiciens. Je crois toutefois qu'André Boisclair aurait dû garder pour lui cette remarque inopportune.
De cette dernière déclaration-choc à la conclusion qu'André Boisclair manque du sens politique le plus primaire, il n'y a qu'un pas à franchir... et que je m'abstient de franchir. Peut-être suis-je un peu jovialiste, les renversements de tendance aussi marqués étant plutôt rares, mais je crois qu'il est toujours possible pour le nouveau chef du PQ de devenir plus pertinent. On compte encore aisément ses interventions publiques depuis sont retour "aux affaires". Peut-être qu'une plus grande exposition nous permettra de voir un nouveau côté de se chef de plus en plus mal aimé à mesure que les journalistes le fréquentent! Le budget de cet après-midi sera sans contredit un moment charnière pour juger du nouveau chef.
Je m'étais promis de réserver mon jugement sur le leadership d'André Boisclair pour les 6 premiers mois de son règne. Après ce délais, il sera désormais difficile de changer l'opinion, positive comme négative, qui se sera formée à son sujet, notamment quant à la profondeur de son discours. Alors qu'il n'est encore qu'à l'étape d'amadouer un parti plutôt rebelle, un rumeur veut que ce chef soit une coquille vide. Laissons lui donc le temps de faire ses preuves et de proposer une véritable alternative aux politiques libérales. Vivement sa réaction au budget Audet. Pour ce qui est du leadership, on s'en reparle le 15 mai!
Ceci étant dit, je voulais d'abord et avant tout faire l'éloge de Madame Marois. Dans ma dernière chronique, je saluais son innovation en matière de politique publique en santé alors qu'elle était ministre de la Santé. Elle avait proposé un ticket modérateur et s'était alors rabrouée. Dans cette politique comme ailleurs, Madame Marois a fait preuve d'un grand sens du devoir d'état: entre équité et réalisme. Elle aura imprégné son action de cette volonté de faire avancer les conditions de vies de ses concitoyens tout en s'assurant d'une action gouvernementale bien dosée. Rares sont les politiciens de sa trempe. Bravo!
Parallèlement à sa vie publique, elle aura également su mener une vie personelle qu'on dit remplie et heureuse. C'est une exception dans le monde parfois impitoyable qu'est la politique. Finalement, elle aura mené une carrière qu'on qualifierais dans d'autres domaines "d'atypique". En 1981, lorsqu'elle fera son entrée à l'Assemblée Nationale, très peu de femmes l'auront précédée. Quinze ans, 14 ministères et 2 courses à la chefferie plus tard, elle se retire la tête haute. Voilà décidemment une mal aimée qu'on aurait dû mieux traiter!

7 comments:

Anonymous said...

Vous ne devriez point critiquer Monsieur André Boisclair. Sa clairvoyance et son esprit supérieur, et aussi son génie, vont conduire le Québec vers l'épanouissement intégral de tout son énorme potentiel. Nous sommes un Peuple de Géants, tel que le disait la déclaration solennelle de souveraineté du Québec lue à l'aube du référendum de 1995 lors d'une mémorable soirée au Grand Théâtre de Québec, et seul un leader de la trempe et de la compétence de Monsieur André Boisclair peut faire en sorte que le Peuple de Géants que nous sommes puisse se réaliser et toucher la grandeur à laquelle il est destiné. J,ai parfois mal à mon peuple, c'est vrai, car je souffre de voir la populace, dont vous êtes un représentant particulier, oser critiquer le meilleur chef que n'a jamais eu le Parti Québécois, Monsieur André Boisclair. Bien sûr, Mme Marois est partie, mais elle n'a jamais conduit notre Peuple de Géants vers son succès et sa destinée ultime. Donc, elle et les autres qui ont conduit l'émancipation du Québec à l'échec doivent avoir la décence de se retirer et faire place, dans le plus grand respect, au Leader que la partie la plus éclairée des membres du Parti Québécois s'est donnée pour conduire notre peuple vers la rencontre de sa destinée la plus élevée. Toute l'histoire du Québec est marquée par la grandeur de notre destin national, et ceci appelle chacun de nous à suivre le Leader qui fera atteindre les plus hauts sommets de l'Histoire humaine à un Québec qui en est bien digne. Donc, en avant vers le Pays du Québec, notre Terre si amoureusement labourée par nos pères et nos mères, et qui est cette terre où ils dorment désormais d'un repos bien mérité, après qu'ils aient fermé les yeux sur ce monde avec l'espoir que nous, leurs héritiers, puissions enfin fair ce Pays qui est le nôtre mais que nous ne nous sommes pas encore donnés. Monsieur André Boisclair nous y conduira, car il sait rassembler son peuple. Donc cessez de le critiquer si bassement, mettez-vous à son écoute, et la récompense en sera la totale libération du Québec.

Matt said...

Bonjour
j'en comprends que vous êtes ironique... ai-je tort?

ML

Luc St-Cyr said...

Je suis choqué que vous voyez ce que je dis comme une ironie. Mais voyons M. Laberge, Monsieur André Boisclair est le seul qui peut rallier les forces vives de notre peuple. Son énergie, son dynamisme, sa passion pour notre libération sont ce qui fera triompher notre option. Tout ça est très sérieux, M. Laberge.

Matt said...

M. Saint-Cyr

dans ce cas, je suis désolé de vous avoir choqué, mais je constate du même coup que nous ne partageons pas la même compréhension des événements politiques récents. Je ne dis pas qu'André Boisclair ne fera pas avancer le PQ et le Québec, mais étant un québécois perplexe quant au devenir de l'option souverainiste et de son vaisseau amiral (on doit par contre distinguer les deux), il ne m'a toujours pas convaincu de son savoir faire... Ma tête sera définitvement fixé au cours du mois de mai...

Bien à vous,

ML

Luc St-Cyr said...

Premièrement, M. Laberge, il s'agit de MONSIEUR André Boisclair, car il est un chef qui mérite un grand respect pour son dévouement à la cause de notre indépendance nationale. Je ne comprends pas que vous osiez douter de la souveraineté, du PQ et encore moins de son chef. Au contraire de douter, il faut s'engager pour faire le pays, sans hésiter. Pourquoi poser des questions, alors que c'est seulement une perte de temps et d'énergie? On sait qu'il faut faire le pays, ça devrait être assez clair et il n'y a aucun besoin de douter de quoi que ce soit. Il faut nous donner corps et âmes, et totalement, en appuyant le chef qui conduira notre peuple vers son émancipation nationale. MONSIEUR Boisclair est ce chef, la partie la plus éclairée et la plus lucide du PQ l'ayant élu triomphalement contre Mme Marois, qui n'a récolté que les miettes que sa mollesse politique lui a laissées. Le triomphe de MONSIEUR André Boisclair est un présage sûr du formidable triomphe qui attend notre grand peuple lors du prochain référendum.

Donc, M. Laberge, n'attendez pas le mois de mai pour vous fixer. Grâce au leadership et à la clairvoyance de MONSIEUR André Boisclair, le chemin est déjà tracé, et il n'y a qu'à le suivre.

Matt said...

je ne suis pas de ceux qui suivent tête baissée, sans questionner. Il me semble irresponsable d'agir de la sorte.

Je ne suis pas non plus un adepte du messianisme. Loin de moi la vénération de Saint-André-Boisclair... Je vois plutôt la souveraineté comme étant un outil menant à un rapport de force avec Ottawa. Un rapport de force qui s'effrite d'ailleurs...

J'aurai probablement l'occasion d'approfondir ma pensée dans un futur billet.

Bien à vous,

ML

Luc St-Cyr said...

Oui mais, M. Laberge, ce qui est vraiment responsable, c'est de s'engager pour faire le pays du Québec et de donner tout ce qu'on a, et aussi tout ce qu'on est, de toute notre âme et de notre coeur, pour ce grand objectif.

Ce qui est vraiment irresponsable, c'est de lésiner sur les moyens et l'effort à donner. Ce serait alors privilégier sa petite sécurité personnelle, au lieu de se donner au bénéfice de la plus haute destinée de notre grand peuple.

Monsieur André Boisclair a réellement la stature d'Homme d'État requise pour nous inspirer à donner tout l'effort nécessaire et à accepter tous les sacrifices requis au nom de la noble cause de notre émancipation collective.

Au lieu de critiquer Monsieur André Boisclair, je vous demande au moins de l'écouter lorsque, dans l'esprit de son leadership si énergique, il se prononce de sa voix confiante et généreuse sur la destinée de notre grand et fier peuple. Vous devriez vous laissez gagner par son dynamisme et sa brillante intelligence, ainsi que par sa grande sensibilité aux besoins de liberté de notre peuple. C'est seulement de cette façon que vous comprendrez vraiment ce que c'est que le sens des responsabilités, contrairement à la peur de s'engager réellement en prenant des risques pour le salut de note nation.

Enfin, je conserve le faible espoir que notre petit échange vous inspirera suffisamment avant votre prochaine chronique dans La Presse, afin que votre propos devienne beaucoup plus engagé qu'il l'est en faveur de notre libération nationale.