Friday, April 21, 2006

La 3e fédération | The 3rd federation

L'attitude de Stephen Harper amène un vent de renouveau à Ottawa. On aura beau être pour ou contre l'orientation qu'il donne à l'État fédéral, il faut reconnaître qu'il dégage le sentiment qu'il sait où il s'en va... une grande différence avec son prédécesseur, Paul Martin, dont on dit qu'il pourrait mourrir de soif devant deux verres d'eau! Cette nouvelle façon de dire les choses et de les faires immédiatement après est d'autant plus importante dans le domaine des relations fédérale/provincial.
Lors de son discours à Montréal sur le fédéralisme d'ouverture, le Premier Ministre a énoncé un nombre de gestes qu'il posera ou qu'il évitera dans ses relations avec les provinces. Il a d'ailleurs ouvert la porte à une nouvelle ronde de négociation constitutionnelle. Il a finalement affirmé que "sa" fédération canadienne ne ferait pas de chou chou. Jusqu'à présent, tout porte à croire qu'il tiendra parole: s'il en a parlé, c'est qu'il a l'intime conviction de pouvoir "livrer la marchandise".
Stephen Harper convie donc tous les canadiens, et pas seulement les Québécois, à définir le 3e Canada; tout comme au tournant de la guerre la France a décrété la 3e République. De fait, Harper a compris que s'il voulait pérreniser la fédération canadienne, il devait accorder les mêmes pouvoirs à toutes les provinces et non pas répondre aux récriminations à l'emporte-pièce. Cette nouvelle philosophie est beaucoup plus respectueuse de l'ensemble des Canadiens et est même porteuse.
Loin de diminuer le pouvoir du Québec, cette approche lui confère ce qu'il réclame depuis belle lurette: un statut distinct... parmi 10 autres provinces tout aussi distinctes! Que le Québec soit une juridiction habilité à décider de ses lois et de ses programmes n'a rien de discriminatoire, si toutes les autres provinces ont les mêmes possibilités. C'est ce qui fait la force du discours de Stephen Harper sur le fédéralisme d'ouverture.
Les Québécois doivent sérieusement réfléchir à la possibilité d'adopter ce nouveau "beau risque". Peut-être sommes-nous au point où les deux peuples fondateurs en sont rendus à couler de nouvelles fondations à leur deal original?
--------------------------
Stephen Harper has adopted a completely new way to manage the Affairs of the State. Compared to his predecessor, Paul Martin, who is said to be threatened to death by dehydration in front of two glass of water; Stephen Harper decides, announces and applies what he has just announced! No double speech with him! That new approach brings freshness in Ottawa and is of a paramount importance when we consider federal/provincial relationships.
During his speech about open federalism in Montreal, yesterday, Harper pointed out a certain number of acts he will and others he won't do when dealing with the provinces. He also said he was open to start a new constitutionnal round and he stated that "his" government won't have any "Prime Minister's pet". Up to now, everything leads us to think he will respect his parole: if he told that, that's because he has the intimate conviction he can do it!
The Prime Minister is then inviting all Canadians to define the 3rd Canada, just like the Frenches has declared the 3rd Republic after the WWII. In fact, Harper understands that, if he want to secure the Canadian federation, he must give every province the same powers and stop answering every individual demand from provinces. That approach is better and much more respectfull of all Canadians.
Far from reducing Quebec's powers, this new approach gives it what it wanted for so long: a real distinct status... among 10 others distinct status: one for each province. If every province can decide independently of a number of law and programs, it doesn't hurt Quebec's capacities and it gives every province the same capabilities.This is what makes the "open federalism" so strong and threatening for Quebec's independentists.
The Québécois should seriously think about entering that new deal. May be are we at the point where the two founder peoples have to redefine their common foundations?

1 comment:

Carl Vallée said...

AMEN ---» Le Canada est une fédération constituée de plusieurs nations (définition francophone du terme), dont le Québec. Ceci explique pourquoi le gouvernement fédéral doit respecter les champs de compétence des provinces puisqu'elles sont toutes différentes et donc peuvent aspirer à des ambitions différentes. La survie du Canada en dépend. Harper l'a compris, heureusement.