Tuesday, February 27, 2007

Caravane étudiante pour le PQ | Students' tour for the PQ

On apprenait hier que le Directeur Général des Élections (DGE) avait servi un avertissement très clairs aux fédérations étudiantes: comme elle tend à défavoriser un parti politique spécifique, leur caravane pour le gel pourrait être illégale face à la Loi électorale.
Les étudiants ne pourront réfuter cet argument du DGE. Effectivement, s'il s'agit d'une caravane du gel, comment expliquer que le PLQ soit spécifiquement visé alors que l'ADQ propose aussi le dégel des droits de scolarité. Aux dernières nouvelles, l'ADQ était représentée à l'Assemblée nationale et recueillait plus de 20 % des intentions de vote. Le parti de Mario Dumont est donc tout aussi menaçant pour le gel que le PLQ. Or, les étudiants continuent de viser seulement le premier ministre...
Dans ce contexte, comment nier le fait que cette "caravane du gel" soit en fait une "caravane étudiante pour le PQ" qui prend faits et actes en faveur d'un parti politique. Le DGE devra tôt ou tard sévir contre ce détournement de démocracie. Ce faisant, il confirmera ce que plusieurs savent déjà: le PQ et les fédérations étudiantes sont des alliés objectifs dans cette élection!
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The Quebec's Chief Electoral Officer gave yesterday an important warning to the Quebec's National Unions of Students: their actions against tuition fees unfreeze and the Liberal Party might be illegal.
The students won't be able to deny that point from the Chief Electoral Officer. If the students' tour isn't biaised in favour of a party, how to explain why they only target the Liberal Party while the Action Démocratique du Québec also propose to unfreeze the tuition fees? As far as I know, the ADQ was represented at the National Assembly and takes up to 20 % of the votes in recent polls. Mario Dumont is then as threatening for the tuition fees freeze than Jean Charest. However, only the last one is targetted...
In that situation, how to deny that the "tuition fees freeze tour" is in fact a "students' tour for the PQ"? Sooner than later, the Chief Electoral Officer will have to take action against the two major Student Federations to put an end to this democracy's hijacking. Doing so, the Chief Electoral Officer will only confirm what a lot of people know: the Parti Québécois and the student unions are objective allies in that election...

Tuesday, February 20, 2007

Une décision courageuse

Dans le dossier des droits de scolarité, Jean Charest se tient debout et visiblement… il ne renoncera pas!

Mathieu LABERGE
Professeur au Collège Gérald-Godin et détenteur d’une maîtrise en économie internationale de l’Université de Nottingham, en Angleterre.


Résolument en mode électoral, Jean Charest a fait le pari de l’honnêteté et a clairement annoncé son intention de dégeler les droits de scolarité. Calcul méticuleux ou suicide électoral? Si on en croit le résultat d’une stratégie semblable adoptée par Tony Blair il y a quelques années, le courage du premier ministre pourrait bien s’avérer fructueux. Les étudiants, quant à eux, se cantonnent dans leur position traditionnelle comptant sur la sympathie naturelle des électeurs pour leur cause. Une stratégie risquée dont ils pourraient pâtir à terme. Chronique d’un duel de titans qui dure depuis plus d’une décennie…


Pour le meilleur…
En présentant un plan d’augmentation des droits de scolarité clair et raisonnable – environ 50$ par session, assorti d’un réinvestissement gouvernemental – le Parti Libéral adopte l’attitude la plus propice à bien expliquer la nécessité de procéder à un tel virage. La proposition de dégel a même le mérite de se baser sur un principe logique, difficilement contestable : il faut maintenir la part du financement des universités qui provient des étudiants.

Cette approche pragmatique et balisée n’est pas sans rappeler la stratégie qui a permis à Tony Blair de remporter ses deux dernières élections générales ainsi que… d’augmenter les droits de scolarité britanniques! En énonçant ouvertement ses priorités électorales et en les quantifiant, le premier ministre britannique a réussi à passer son message et a fourni aux électeurs les moyens nécessaires à évaluer le succès du gouvernement. Dans le cas particulier des droits de scolarité, Tony Blair a eu recours à la même stratégie, qui a eu pour effet de rassurer la population sur une éventuelle flambée du coût des études universitaires.


… et pour le pire!
Confronté à la volonté du gouvernement anglais de hausser les droits de scolarité, la National Union of Students (NUS) britannique a bien évidemment dénoncé l’augmentation du fardeau financier des étudiants. Elle a toutefois fait le choix de ne pas rompre complètement les canaux de communication avec le gouvernement et est demeurée à la table de négociation, question d’amoindrir l’impact de la nouvelle politique gouvernementale sur ses membres. Le résultat a été probant : les universités ont vu leurs ressources accrues à la faveur d’une hausse certes critiquée, mais tout de même tolérée par les étudiants. En bout de ligne, la NUS présentait même comme un gain majeur son succès à limiter l’ampleur de la hausse des droits de scolarité.

C’est précisément le contraire de ce que semblent vouloir faire les fédérations étudiantes québécoises. En déclarant la guerre tous azimuts au Parti Libéral, les fédérations étudiantes s’enferment dans une logique « jusqu’au-boutiste » qui risque fort de desservir leurs membres au terme des élections. Quel ministre de l’éducation voudrait traiter avec des syndicats étudiants qui l’ont talonné pendant toute la campagne, pancarte à la main et brandissant le porte-voix ? Advenant un dégel contrôlé, les fédérations étudiantes pourraient même avoir à défendre becs et ongles ce qui est en fait un gain, comme ce fut le cas pour l’issue de la grève des 103 millions $ en aide financière.

Ce que l’expérience britannique nous apprend, c’est que l’électorat récompense généralement la franchise et l’audace de ses politiciens. Sans compter que les étudiants prennent le risque de passer pour des enfants gâtés auprès des électeurs. Bref, on peut croire que le dégel sera bien accueilli par la population qui comprend l’impossibilité de maintenir une politique qui prive les universités de ressources indispensables à l’accomplissement de leur mission. En somme, voici une confrontation pour laquelle le gouvernement part avec une longueur d’avance. On en dira ce qu’on voudra, mais cette fois Jean Charest se tient debout et, visiblement… il est prêt à faire face à la musique!
Des commentaires? Écrivez-nous:
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In this paper, published today in La Presse, I argue that Quebec Prime Minister Jean Charest has made a clear proof of political courage by announcing he wanted to unfreeze the tuition fees if reelected. His strategy is clear and logical with announced aims and limits. By doing so, the Liberal Party leader is following the path of Tony Blair who won his last two general election with such a strategy. Blair also unfreezed the British tuition fees by stating clearly to what extent he wanted to raise them.
If the NUS reacted with sense to the British Prime Minister announce of raising the tuition fees, we cannot say the same thin of Quebec's student federations. By adopting a do or die strategy of confrontation with the government, the two Quebec's national student unions are playing a heavy gamble. They might well get worst off is the actual government is reelected. What Minister of Education would negociate with those who followed him all the electoral campaign, shouting and protesting?
In short, Jean Charest has a clear advantage in this beginning confrontation. The population should recognize his courage and honesty and ackownledge teh nedd for and unfreeze! Clearly, the PM is standing up, ready to face the protests!

Monday, February 19, 2007

Ironique Boisclair! | Ironic Boisclair!

Un tout petit message pour dire combien il est ironique d'entendre André Boisclair dénoncer que le gouvernement inclu les coûts de système (salaires, entretien, chauffage, etc.) dans son calcul du réinvestissement en éducation. Alors que l'actuel chef du PQ était ministre de la jeunesse, dans le gouvernement Bouchard, le gouvernement du Parti Québécois adoptait exactement la même stratégie pour gonfler la valeur de son réinvestissement en éducation... avec l'accord tacite de M. Boisclair! (Je l'ai vécu aux premières loges: j'étais alors vice-président de la FECQ!)
Que les Fédérations étudiantes aient décrié cette manoeuvre, on aurait pu le comprendre... Mais qu'André Boisclair dénonce maintenant une stratégie adoptée par un gouvernement dont il a fait parti a quelque chose de vraiment comique... À défaut de contenu, on se rabat sur le clip creux...
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A very short post to say how it is ironic to hear André Boisclair denouncing the government's strategy consisting in including the system's costs (salaries, buildings, heating, etc.) when he his computing the reinvestment in education. When Boisclair was Youth Minister, his own government was adopting the exact same strategy to inflate its own investment in education.. with the implicit accord of Mr Boisclair! (I did live it from first hand: I was vice-president for the Quebec's Collegial Federation of Students!)
That the Student Unions denounce that manipulation, we could understand. But that André Boisclair denounces now a strategy adopted by a government he was part of has something plainly laughable. With nothing to say... we rely on the meaningless clip!

Sunday, February 04, 2007

Spéculations électorales | Speculative thoughts

Trois thèmes continuent d'abreuver les pages d'actualité des journaux cette semaine: les accomodements raisonnables, l'environnement et les rumeurs d'élections... Spéculation électorale sur trois thèmes...
Les accomodements raisonnables
S'il est un sujet qui ne mérite pas l'attention qu'on lui donne, c'est bien celui-là! Franchement, a-t-on déjà vu autant d'énervement autour d'un faux débat? En 2006, au Québec, un seul accomodement raisonnable a été exagéré: il s'agit des cours de natations spéciaux pour trois jeunes musulmanes dans une commission scolaire de la grande région de Montréal.
Les autres supposés accomodements raisonnables qui font la manchette depuis deux mois sont en fait de malheureux dérapages causés par des administrateurs qui ont tenté de tourner les coins ronds et qui se sont fait prendre.
Le YMCA a teinté ses vitres pour "accomoder" les membres d'une synagogue voisine. Ils l'ont fait sans consulter les membres du fameux YMCA, alors même que la base des accomodements raisonnables est la concertation et la communication entre les diverses parties. Le but des accomodements raisonnables est justement l'échange... dans les cas qui nous intéressent peut-on réellement parler d'accomodement raisonnable ou ne devrait-on pas plutôt parler d'incompétence déraisonnable de la part d'administrateurs qui ont tenté de pousser la poussière sous le tapis? Disons-le "to the go": le Québec n'est pas le Londonistan où la burka est désormais considérée comme une alternative à jaquette d'hôpital...
Dans le même ordre d'idée: la stupidité humaine a atteint des sommets avec le code de vie de Hérouxville... qui a malheureusement fait des petits! Voilà un bien bel exemple de simili-leaders mal informés et bourrés de préjugés qui décident d'obtenir leur 15 secondes de gloire à la faveur d'un faux débat. Voyons donc! Comme s'il était nécessaire de réaffirmer que la lapidation et les buchers étaient interdis au Québec! Mieux vaut en rire qu'en pleurer...
Et il fallait voir la mine réjouie des proposeurs de ce soit-disant code de vie lorsque la télévision nationale les interrogeais! Remarquez, peut-on vraiment leur en vouloir? C'est probablement la seule façon d'attirer l'attention des médias nationaux sur leur bourgade...
À mon sens, tout ce débat autour des accomodements raisonnable révèle une seule chose: il y a une manque de communication entre les différentes communautés du Québec. Comme le faisait remarquer Jamil, dans un excellent reportage sur la question sur les ondes de Radio-Canada, les Québécois accueillent nombre d'immigrants à chaque année. Or, avant leur arrivée, on leur fait miroiter un pays de toutes les libertés. Et lorsqu'ils arrivent, on est même incapable de leur fournir un acceuil digne de ce nom, avec toute l'information nécessaire sur les ressources qui sont à leurs dispositions. On se retrouve donc dans la situations où des nouveaux arrivants n'ont qu'une idée sommaire de ce qui leur est offert et des Québécois qui ne savent pas vraiments où se situent leurs limites...
Bref, on est dans un flou artistique que seul une bonne discussion pourrait éclaircir. Malheureusement, le débat actuel ne nous fourni pas cette occasion puisqu'il est larvé par les vélléité politiques de Mario Dumont et les préjugés de tout un chacun... Pauvres de nous!
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Autre sujet à la mode: l'environnement!
Je me limiterai à rappeler ce que j'ai déjà écrit ici: il n'y aura pas de solution durable en environnement tant et aussi longtemps que les citoyens (corporatifs mais SURTOUT les individus) ne seront pas confrontés aux coûts réels de la pollution qu'ils engendrent. Cela implique entre autres une hausse drastique de la taxation sur la consommation d'essence. Cela implique surtout l'abandon de la pensée "rose bonbon" qui veut qu'on pourra atteindre les objectifs de Kyoto avec de simples mesures incitatives. Ça fait près de 15 ans qu'on essaie, et ça fait 15 ans qu'on échoue! Même les États-Unis font mieux que le Canada en matière de réduction des gaz à effet de serre! Dans ce contexte, la popularité de Steven Guilbeault (de la très pragmatique Greenpeace!) et l'élection de Stéphane Dion au PLC (celui qui a gouverné à l'inaction pendant plusieurs années) me semblent plutôt ironique.
Qu'à cela ne tienne... L'environnement est la priorité numéro 1 des Canadiens: attendez-vous à une surenchère verte et rose bonbon dans les prochains mois!
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Ça sent les élections avec de plus en plus d'insistance... Voici ma prédiction (aussi arbitraire que fondée sur des impressions...): la campagne électorale sera déclenchée à la Saint-Valentin, plus ou moins 4 jours!
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There's something wrong around the ethnic debate raging for twon months in Quebec... It's a false debate for many reasons.
First, in 2006, there was only one "bad" outcome: the case of the School Board which gave special swimming course for 3 young muslims. Other public cases are just misjudgement episodes from uninformed and lazy administrators.
Such as that YMCA which frosted its windows. The administrators only did it without consulting the members or even having a debate on it. However, the baseline of cultural bargains are to be issued from an open discussion and a good public debate. Which isn't the case for almost all the cases which made the news...
It was also surprising to see the enjoyed faces from Herouxville's concilors when the national TV interviewed them... The Herouxville code of life is the perfect example of uninformed half-leaders who only want their 15 seconds of glory... But, at least, can we really blame them? It's the only way they had to give national exposure to their town...
From my point of view, the problem is one of lack of information. On one side, we have immigrants to whom we sell Canada as a all freedom country. When they arrive, we're not even capable to explain them all the resources they can rely on... And on the other side, there is the Quebecois who don't even know their own limits and desires... I do think we should have a good, pragmatic and polite debate on the question, Unfortunately, it's not being the case because of politic incentives (Mario Dumont is very sensitive to this!) and a lot of misinformation...
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Other sensitive subject: the environment!
I'll limit myself to what I've already wrote here: there will be no solution to the Canadian dilemma on Kyoto without making individuals aware of the real cost of their consumption. This may include, for example, high taxes on fuel since there is a cost to depollute pollution from cars. Car owners should have to pay for this... This imply that Canadians shouldn't rely anymore ont their "candy pink" thougts that we can eliminate pollution with voluntary measures. It this context there is really something laughable to see Steven Guilbeault (from the very pragmatic Greenpeace Quebec) being on every tribune and Stéphane Dion being elected as the Head of Canadian Liberal party...
Anyway, the environment is now the number 1 priority f Canadian electores... Get prepared for a lot of green and "candy pink" in the next months!
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Las but not least: it smells elections in Quebec! Here is my prediction (completely arbitraty and based on feelings): Quebec will be in an electoral campaign around Valentine's day, plus or minus 4 days!

Sunday, January 28, 2007

Vive l'hérésie! | Good heresy

Décidémment, j'en fait une habitude! Alors comme c'est dimanche, je vous invite à lire le texte publié par Daniel Laprès dans La Presse d'aujourd'hui: Vive l'hérésie. Il n'est pas disponible sur cyberpresse.ca, mais vous pouvez accéder au texte, avec hyperliens!, sur le blogue de Daniel.
Il y défend la thèse selon laquelle se prononcer contre l'idéal nationaliste au Québec relève de la contre-culture et qu'il s'agit d'un défi en soit. Il va plus loin en affirmant que les tenants du nationalisme encouragent l'immobilisme idéologique du Québec et que l'avancement des idées dans la société appartient désormais à ces hérétiques qui osent remettre en question les cadres idéologiques universellement reconnus.
Pour avoir discuté du sujet, je suis tout à fait d'accord avec Daniel sur ce point! L'étau nationaliste québécois est si serré et imposant que des militants nationalistes modérés préfèrent abandonner la partie. Certains, dont je suis, perdent même tout espoir de faire évoluer le débat et préfèrent se consacrer au renouvellement du Canada plutôt que de se battre contre des moulins au sein de la "famille" souverainiste. Sans être le facteur déterminant de ma réflexion, l'intransigeance des grands bonzes nationalistes m'a donné la poussée nécessaire à me convaincre de la nécessité de participer à un débat positif qui se défini dans l'avenir, plutôt que de s'accrocher à la nation, à la bataille des plaines d'Abraham et à la révolte de 1837...
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As for many sundays now, I suggest you to read an article published by Daniel Laprès in today's edition of La Presse: "Good heresy" (in French, see the link above). The article itself isn't available on cyberpresse.ca, but you can access it, with links, on Daniel Laprès' web site.
In his article, Daniel proposes that challenging Quebec's nationalist ideas is a real act of heresy. He's going further by suggesting that Quebec's nationalism encourages a ideologic immobilism and that progressive ideas are now the reality of a minority of marginals and heretics who aren't afraid to challenge the nationalist's mainstream ideas.
I do totally agree with Daniel on that one! Nationalist's powers on ideas in Quebec is that important and strong that moderate nationalist believers are loosing their faith in the possibility of renewing the nationalist ideas. Some of them, including me, are even leaving the "nationalist family" to participate in positive and constructive debates on how to renew Canada instead of being a voice in the desert. Far from being the main reason why I changed my mind, the intransigence of nationalist's leaders gave me the last reason to convice me that it was better to take part in a debate about the future instead of being only concerned by the Nation, the Conquest war and the 1937 rebellion...

Sunday, January 21, 2007

Où est la gauche? | Where's the left wing?

Je vous invite à aller lire cet article de Alain Dubuc publié dans La Presse d'aujourd'hui: Mais où est donc la gauche?

Il résume effectivement très bien l'état d'esprit de plusieurs participants au film L'Illusion tranquille, dont votre humble serviteur! De la raison qui m'a poussé à participer au film jusqu'au sentiment d'immobilisme induit par la gauche, je loge à peu près à la même enseigne que Alain Dubuc.
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I invite you to read the paper "Mais où est donc la gauche" (in French, see the link above) from Alain Dubuc and published today in La Presse.

It brings a few good questions we should debate after the release of the movie L'Illusion tranquille last week. From why took part in the movie to the stagnation induced by the left wing, I share all the ideas Dubuc wrote in this paper.

Wednesday, January 17, 2007

Une expérience fascinante | What a fascinating experience

La semaine dernière, j'ai eu l'occasion de participer comme accompagnateur à la 15e législature du Forum étudiant à l'Assemblée Nationale du Québec. Ce "jeu" consiste, pour environ 140 cégépiens, à vivre la vie de parlementaire, de journaliste parlementaire, d'attaché de presse ou de fonctionnaire de l'Assemblée Nationale pour cinq jours. À l'ordre du jour: débat de projets de loi, énoncé budgétaire, période de questions, conférences de presse, etc. Le tout dans une atmosphère surréelle qui fait croire, l'instant d'une semaine, qu'on occupe vraiment ces postes!
À ceux qui croient les prophètes de malheurs qui répètent à tous vents que les jeunes de ma génération sont dépolitisés, désabusés, individualistes et tutti quanti... j'ai quelques nouvelles! Non seulement j'ai eu l'occasion de rencontrer lors de cette activité des jeunes qui avaient des idées et qui savaient les défendre, mais j'ai aussi pu avoir des discussions de fond avec quelques-uns d'entre-eux. Bien entendu, les travaux parlementaire proprement dits ont donné leur lot de foire d'empoigne et d'inflation verbale... on ne peut reprocher aux participants de reproduire les seuls comportement politiques qu'ils connaissent!
Mais les projets de loi qu'ils ont présenté faisaient étalage d'une grande conscience sociale et de volonté d'améliorer réellemment la qualité de vie des Québécois. Il faut dire que, contrairement aux "vrais" élus, les participants n'avaient pas la pression de la réélection... Non seulement cela, mais quelques discussions de fin de journée m'ont permis carrément jeté sur le dos tant elles étaient empreintes d'une réflexion étoffée et raisonnée. À en croire mon expérience au cours de cette semaine, il y a bel et bien une relève qui se développe au Québec. Une relève exempte des vices de la classe politique actuelle (au moins pour l'instant!), une relève pragmatique qui sait s'élever au-delà des dogmes de la gauche ou de la droite... Bref, ça été une semaine haute en couleur, mais aussi haute en réconfort!
Je vous invite à aller visionner les débats sur la page de l'Assemblée Nationale.
Je m'en voudrais de terminer ce message sans remercier tous les employés de l'Assemblée Nationale qui ont pris la peine de passer une semaine avec nous et qui nous ont permis d'avoir accès à tous les locaux de l'Hôtel du Parlement... comme les vrais!
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I took part, last week, in the 15th legislature of the Forum étudiant in Quebec city (I was a coach). For 140 college students, the experience consists in "playing" the roles of MPs, press attachés, journalists and civil servants. They had to debate on bills, budget appropriations, to answer questions and take part in press conferences. The atmosphere was so real that, at the end, we were like real MPs, etc.
To those who think my generation has no intellectuals, is discouraged and uninformed about politics... I've got some news! I met there some very motivated and motivating students who have ideas and know how to debate. Of course, the parliamentary debates became sometimes a game of rhetorics, but most of the time they were very well prepared.
Their bills witnessed a real consideration for the improvement of the standard of life of their citizens... unlike real MPs who are too often obcessed by their reelection. Many discussions I had on the side also showed me very informed people with well reasonned and pragmatic ideas. They were quite often going further than the usual (boring and overaged) left/right scale in favour of a real debate on ideas... Really, it was a highly fascinating week...
I invite you to watch the debates (in French) on the Assemblée Nationale page.
I would like to thank all the Assemblée Nationale employees who spent a week with us and granted us the access to all the building of the Hôtel du Parlement, just as if it was real!

Tuesday, January 16, 2007

Grande perte politique | Quebec's politics lose a great man

Pour la plupart d'entre-vous cette nouvelle aura peut-être passé inaperçu. Je tenais toutefois à y revenir brièvement...
Le député de Joliette, Jonathan Valois, a annoncé aujourd'hui son intention de ne pas se représenter aux prochaines élections. Pour avoir travaillé étroitement avec Jonathan pendant quelques temps et parce que je le considère comme un bon ami, je pense être bien placé pour mesurer la perte que son départ constitue pour la qualité des débats politiques.
Malgré des divergences d'idées nombreuses, j'ai toujours considéré Jonathan comme un homme intègre et fidèle à ses idéaux... Le type de personne qui manque cruellement en politique ces temps-ci. Son départ se fera d'autant plus sentir.
Je suis néanmoins convaincu que Jonathan a fait le bon choix et qu'il saura mettre à profit ses convictions d'une autre façon. Je lui souhaites bonne chance, du succès et beaucoup de plaisir dans son retour à la vie privée!
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For most of you, it might be an insignificant news. But the MP for Joliette, Jonathan Valois, announced today he won't be running for the next election. I wanted to comment his decision briefly...
Having worked closely with Jonathan for a few months and considering him as a good friend, I able to acknolewdge the terrible loss Quebec's politics has suffered today. Even with many important opinion debates between the two of us, I always considered Jonathan as a complete man with sound beliefs. The kind of people Quebec is terribly missing in its political world nowadays. His departure is then even more important.
Anyway, I am sure he made the good choice and he will fin other ways to make Quebec benefits from his beliefs and his dynamism. I wish him good luck, success and pleasure while he is returning to the private life!

Monday, January 15, 2007

L'illusion tranquille créée des remous

Je mets à votre disposition quelques liens vers des reportages ou des commentaires sur le film L'Illusion tranquille.
La page de Radio-Canada sur le film L'Illusion tranquille. Une page à lire et un reportage vidéo de Claude Deschênes (colonne de droite, en haut) à regarder absolument. Probablement la meilleure description objective du film!
Beaucoup moins positive, la critique cinéma de La Presse de Mario Cloutier. Des commentaires bien articulés et plus fondés que la plupart de ceux qu'on entend couramment. Le commentaire s'approche du souhaitable débat de fond avec des références à la SGF et à la Caisse de dépôt qui mériteraient une réponse... pour avoir l'autre côté de la médaille. Lecture recommandée!
Un éditorial qui porte à réfléchir de Mario Roy: "La Crucifixion" dans La Presse de samedi dernier. Pour résumer son propos, Mario Roy aborde la dimension plus philosophique du film avec une réflexion sur ce qui uni la foi et la politique. À lire absolument! (Pas tant parce que la critique est positive que parce que ce texte amène la réflexion plus loin)
Un reportage de Dimanche Magazine de Radio-Canada (radio) qui permet d'aborder plus en profondeur la naissance de L'Illusion tranquille. Ça permet d'aller chercher un peu d'information supplémentaire sur les buts des auteurs et leur réponse aux critiques les plus fréquemment formulées. Entrevue dirigée sans trop de complaisance, enfin!
Un texte critique de Louis Cornellier dans Le Devoir de la fin de semaine passée. Malheureusement, il est dans la section payant du site du Devoir. M. Cornellier reproche à Joanne Marcotte d'avoir donné la parole à des personnages qui n'en n'avait que déjà trop. Facile à dire quand on cite la Chaire d'études socio-économique de l'UQAM comme source alternative de réflexion! Si au moins le débat avait porté sur les idées de fond... Divertissant, sans plus.

Saturday, December 30, 2006

Suites à "Dehors la médiocrité"

Je n'ai pas l'habitude de commenter les discussions qui entourent les papiers que je publie dans La Presse. La plupart de celles-ci sont respectueuses et axées sur les idées: elle font avancer le débat.

Mais en effectuant la gestion hebdomadaire de mon blogue il y a quelques jours, j'ai trouvé un forum de discussion qui traitait de mon dernier article. Je vous invite à aller le lire: http://groups.msn.com/infochauffeurSTM/placottage.msnw?action=get_message&mview=0&ID_Message=20&LastModified=4675604717452371135

On peut y lire (parmis plusieurs commentaires, il est vrai) les remarques suivantes:

"Voila l URL du TATA qui pense que notre clientèle est victime..."

"De la mauvaise humeur des chauffeurs (avec le genre de clientèle que l ont a c est assez difficile de la garder notre bonne humeur)"

"Faire payer tout le monde (ben oui stopper un autobus parce qu une Petite bonne femme de 83 ans n a mis que 1.45$)"

"on devrais tous publier chaque semaine qlq choses,sur la clientele et nos charmant patron.dans son blog."

On y retrouve également une nouvelle adresse de blogue qui reprend essentiellement les même propos. (http://loadercommeunbus.blogspot.com/)

Remarquez deux choses dans ces commentaires:

1- Il y a absence totale de respect des gens qui débattent: on tire sur le messager au détriment des idées.
2- Il y a mépris le plus complet de la clientèle (ai-je vraiment besoin d'expliquer ce que je veux dire?)

J'ai pris la peine d'envoyer un courriel à l'administrateur du site... qui m'a répondu qu'il me considérait effectivement comme un tata, que la clientèle de la STM était effectivement excécrable et que le terme "petite bonne femme de 83 ans" n'avait rien de péjoratif... Il a en plus publié le contenu de ce message, qui se voulait une correspondance de personne à personne et privée, sur le site en question. Et après, on est surpris que je n'ai pas donné suite à l'offre de passer quelques jours dans un autobus! Voyons donc! Y'a toujours bien des limites à tendre l'autre joue! (en fait, je passe environ 3 heures par jour dans un autobus, dois-je mentionner!)

J'ai attendu plusieurs jours avant de publier ce message, notamment parce que j'entretenais une correspondance privée avec d'autres chauffeurs qui tentaient d'expliquer le comportement de leurs collègues. Malheureusement, il n'y a eu aucun changement d'attitude et je crois qu'il est important de le dénoncer.

Lorsque j'ai publié l'article "Dehors la médiocrité" dans La Presse, je voulais d'abord et avant tout susciter un débat sur la façon d'améliorer le service à la STM. Je tiens à mentionner que j'ai proposé la compétition comme étant une solution et non pas LA solution. J'ai également dépersonnalisé le débat en faisant également allusion au laxisme des dirigeants de la STM et au manque de volonté politique des élus montréalais. J'ai d'ailleurs mis l'emphase sur cette position dans les entrevues que j'ai donné à d'autres médias (que vous pouvez aller lire à partir de ce site: voir le message précédent).

Je ne doutes pas que plusieurs employés de la STM aient à coeur le devoir d'un boulot bien fait. Malheureusement, ceux qui ont écrit de telles bassesses sur le site info-chauffeurs minent la crédibilité de l'ensemble des chauffeurs. C'est dommage. Encore une fois, c'est la majorité qui paiera pour une infime minorité qui refuse de débattre ouvertement. L'ensemble paie donc pour une clique qui se croit tout permis.

Je ne juges pas que mes propos aient été offensants envers qui que ce soit. Je me demande pourquoi, quand on ose poser des questions, on se retrouve la cible de propos malveillants, voire complètement déplacés et impolis. C'est pourquoi après plusieurs jours d'échanges de courriels privés avec les principaux intéressés, j'ai décidé de dénoncer ici ce type de comportement. Je crois dans la possibilité de tenir un débat sain et ouvert, sans insulte pour les protagonistes. Ceci ne devient possible que lorsqu'on dénonce les excès de quelques individus.

Friday, December 29, 2006

Entrevue: Dehors la médiocrité! | Interview: Mediocrity out!

Suivez ce lien pour entendre l'entrevue que j'ai donné à Normand Lester du 98,5FM sur la culture du je-m'en-foutisme à la STM et les solutions à y apporter.
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Follow this link to listen to the interview (in French) I gave to Normand Lester from 98,5FM (Montreal) about the mediocrity culture at the Montreal Public Transport Commission and the solutions we could implement.

Wednesday, December 27, 2006

Dehors la médiocrité!

On doit mettre fin à la culture du je-m’en-foutisme de la STM
Mathieu LABERGE
Professeur au Collège Gérald-Godin et détenteur d’une maîtrise en économie internationale de l’Université de Nottingham, en Angleterre.

En 2007, la CAM subira une nouvelle augmentation qui portera son prix régulier à 65$ par mois. Depuis 1998, le tarif régulier de la carte mensuelle a connu une hausse de 20% et si on se fie aux prévisions de la STM, ça ne s’arrêtera pas là. La société de transport prévoit effectivement faire passer la participation des usagers de 47,3% à 50% d’ici cinq ans. Que la hausse des coûts du carburant pèse lourd sur le budget de la société de transport, tout les usagers peuvent le comprendre. D’ailleurs, le service de transport en commun montréalais demeure plus abordable que dans plusieurs autres métropoles. Mais, est-ce que cela justifie de se buter quotidiennement à la mauvaise humeur des chauffeurs? D’être confronté au je-m’en-foutisme des dirigeants? De tolérer le retard, l’absence ou l’insuffisance des services d’autobus? Pour justifier une telle augmentation des tarifs de transport en commun, encore faudrait-il que l’usager aie l’impression d’en avoir pour son argent!

Si personne ne prend le taureau par les cornes à la STM, c’est que ni les chauffeurs, ni les dirigeants ne perçoivent l’urgence de changer un système qui ne fait des victimes que chez les utilisateurs. La clientèle de la STM est captive de ses services et, tant que ça sera le cas, rien ne pourra changer. Ce qui manque à la STM, bien avant des ressources supplémentaires, c’est d’ébranler les colonnes du temple de la médiocrité qui y sévit. Une façon d’y parvenir serait de permettre à d’autres fournisseurs d’exploiter un service de transport en commun dans la métropole.


Permettre la compétition
L’expérience a été tentée au Royaume-Uni depuis 1986, avec la commercialisation des services de transport. Ça a notamment été le cas dans la ville de Nottingham, où une compagnie privée offre un service local et régional d’autobus, malgré l’existence d’un service municipal similaire. Le pari de la compagnie en question, Trent Barton, a été de sélectionner ses chauffeurs sur le volet, notamment à l’aide de tests d’aptitudes, de mener des sondages poussés auprès de la clientèle, de maintenir une flotte d’autobus à la fine pointe de la technologie et du confort ainsi que d’offrir un service fréquent – aux dix minutes en semaine! - à prix raisonnable. La compagnie a préféré se restreindre en termes de territoire pour mettre l’emphase sur la qualité du service et le contact humain entre ses employés et ses clients. La recette a si bien fonctionné que la compagnie Trent Barton a remporté la palme du meilleur transporteur au Royaume-Uni en 1999, 2001 et 2003 et a été nominée à ce titre en 2000 et 2002.

La commercialisation des services de transport en commun à Nottingham aura été l’électrochoc qui a permis aux services municipaux de s’améliorer. À titre d’exemple, Trent Barton a introduit une flotte d’autobus entièrement composée de véhicules à plancher surbaissés pour faciliter l’accès aux personnes à mobilité restreinte dix ans avant le fournisseur public. Du coup, pour survivre, le service municipal a du s’adapter et améliorer son service : les coûts aux usagers se sont stabilisés, la fréquence et la ponctualité des services municipaux se sont améliorés et la flotte de véhicules a été modernisée.


Un plan cohérent
On pourrait croire que l’entreprise privée se sera taillé une place en ayant recours à la manière forte, en confrontant directement le fournisseur public. Rien ne saurait être plus faux! Dans chacune des municipalités, des partenariats de collaboration ont été signés pour développer les infrastructures de transport en commun de façon cohérente. À ce jour, le fournisseur privé et les autorités publiques continuent de travailler conjointement à l’amélioration du service de transport. Collaboration et complémentarité sont les mots d’ordre.

Le maire Tremblay aura beau avoir les plus beaux projets pour le transport en commun à Montréal, ils ne deviendront réalisables que lorsque la culture du moindre effort dont est atteinte la STM sera chose du passé. Cela a été dit et redit : l’avenir du transport en commun à Montréal passe par l’élaboration d’un plan cohérent, et non pas par l’énoncé vague de grands principes lors des voyages du maire. Ce plan devra impérativement inclure une ouverture à d’autres fournisseurs pour le transport en commun dans la métropole. En attendant, les utilisateurs continueront à payer le prix de la médiocrité.
Commentaires?
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In this paper I argue that public transport liberalization in Montreal, at least partially, could greatly benefits to users. Liberalization experiences in the UK, such as in Nottingham, has lead to service quality improvement and modernization of the infrastructures. Far from being a confrontation, liberalization in the Nottingham case has been a close collaboration between the public authorities and the Trent Barton company. I conclude by mentionning that, more than announcing great ideas while he is abroad, the Montreal's mayor should design a global public transportation plan, which would give a large part to liberalization.

Saturday, December 09, 2006

Des nouvelles de L'Illusion tranquille | News from The Quiet Illusion

Bonne nouvelle!!
Le documentaire L'Illusion tranquille sera diffusé dans des cinémas de Montréal et de Sherbrooke en janvier, en plus de retourner au Clap de Québec. Les premières dates de diffusion sont donc:

Montréal: Cinéma Beaubien dès le 12 janvier pour une semaine
Sherbrooke: Maison du Cinéma, en janvier (dates à confirmer)
Québec: Le Clap, de retour en janvier (dates à confirmer)

Je vous invite également à aller écouter l'entrevue de Joanne Marcotte (la réalisatrice) avec Richard Martineau!

Pour celles et ceux qui voudraient plus de détails sur la diffusion à Montréal ou qui souhaiteraient me faire partager leurs impressions du film, écrivez-moi à: from.nottingham@hotmail.co.uk

Si l'intérêt y est, nous pourrions essayer d'organiser une soirée rencontre informelle pour discuter du film. Faites-moi savoir si vous seriez intéressés d'y participer!
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Great News!
The movie The Quiet illusion will be presented in Montreal and Sherbrooke (French original version) next January, in addition to more representations in Quebec. The news representations are:

Montreal: Cinema Beaubien for a week, beginning on January 12th
Sherbrooke: Maison du Cinema in January (dates to be confirmed)
Quebec: Le Clap, return in January (dates to be confirmed)

You could also go and listen to the interview given by Joanne Marcotte to Richard Martineau (in French)

If you'd like to receive more information or tell me what you think about the movie, please do write me to: from.nottingham@hotmail.co.uk

If enough people are interested, we might try to organize an informal meeting to discuss the movie. Let me know if you'd like to participate!

Saturday, November 18, 2006

L'heure du réveil

L'atteinte des objectifs de Kyoto doit devenir l'affaire de tous, pas seulement des industries

Mathieu LABERGE
Professeur au Collège Gérald-Godin et détenteur d’une maîtrise en économie internationale de l’Université de Nottingham, en Angleterre.

En décembre 2002, le Canada signait officiellement le protocole de Kyoto. Quatre ans plus tard, comme on l'a vu encore cette semaine à Nairobi, le sujet suscite toujours beaucoup de controverse au Canada entre les différents partis politiques et ordres de gouvernement, les groupes de pression et l'industrie.

Mais qu'en est-il du simple citoyen? Depuis quatre ans, les Canadiens ont à peine modifié leurs habitudes néfastes pour l’environnement, encouragés par des mesures incitatives qui n’ont convaincu personne de changer leurs comportements et un discours environnementaliste faisant porter l’odieux des changements climatiques sur le seul dos des industries polluantes. Et si la clé de l’atteinte des objectifs canadiens du protocole de Kyoto se trouvait aussi dans le trousseau de chaque citoyen


L’approche environnementale canadienne, mettant de l’avant une solution essentiellement basée sur des mesures de restriction volontaires pour les citoyens et sur des mesures coercitives pour les industries polluantes, a définitivement démontré son incapacité à lutter contre les changements climatiques. Une comparaison des documents officiels des gouvernements américain et canadien démontre effectivement que de 1990 à 2004, le Canada a systématiquement moins bien performé que les États-Unis en matière de lutte aux émissions de gaz à effet de serre. Le Canada n’atteindra pas ses objectifs de Kyoto dans les temps prévus? C’est une évidence! Mais on ne doit pas baisser les bras pour autant…


Une autre approche est possible
En faisant croire aux citoyens que l’atteinte des objectifs de Kyoto n’aurait que peu d’impact sur leurs habitudes de vie et que les industries polluantes se chargeraient de faire tout le travail, on les a déresponsabilisés face à leurs devoirs environnementaux. Du coup, le Canada s’est privé du formidable effet de levier dont les citoyens disposent sur l’ensemble des entreprises.

Dans l’immédiat, la seule solution qui puisse permettre au pays de rattraper un tant soit peu le retard accumulé dans l’atteinte des objectifs environnementaux auxquels il a souscrit réside dans l’exploitation de ce pouvoir. Si l’industrie continue de mettre en vente des produits dont la fabrication ou l’utilisation est néfaste pour l’environnement, c’est qu’il y a nécessairement des acheteurs pour les acquérir. Le jour où les acheteurs décideront de bouder les produits fortement polluants, les entreprises s’ajusteront en répondant aux nouvelles attentes de leurs clients.

Le cas de la consommation d’essence au cours de l’été dernier est particulièrement évocateur de ce phénomène. Selon les données compilées par Statistique Canada en juin et en juillet dernier, alors que les prix de l’essence frôlaient un dollar le litre, les ventes d’essence de catégorie « super » et « intermédiaires » ont chuté significativement alors que celles de catégorie « ordinaire sans plomb » étaient relativement stables. Il y a donc fort à parier que les acheteurs d’essence de catégories supérieures ont modifié leurs habitudes en achetant de l’essence de moindre qualité. Logiquement, les consommateurs d’essence « ordinaire » auraient donc réduit leur consommation laissant le niveau des ventes globales de ce type de carburant à peu près inchangé. La réaction de l’industrie ne s’est pas fait attendre : certaines grandes chaînes de stations-service ont offert les essences de qualité supérieures au prix de l’essence ordinaire une journée par semaine! Selon les données préliminaires pour le mois d’août, publiées récemment, la situation revenait tranquillement à la normale avec le retour de prix plus courants… et les promotions sont disparues!

La leçon à retenir? Devant un changement permanent des habitudes de consommation des Canadiens, les entreprises ne pourront maintenir de telles promotions indéfiniment et devront nécessairement modifier leur offre de produits sous peine de perdre leur clientèle. Conséquemment, il appartient aux gouvernements de reconnaître l’échec des mesures incitatives et de mettre en place un ensemble de mesures contraignantes envers les particuliers afin mettre à contribution le levier incomparable que représente le pouvoir des acheteurs sur les industries polluantes.

Ce sera nécessairement impopulaire auprès des électeurs, mais si les Canadiens ont réellement à cœur le respect des objectifs canadiens du protocole Kyoto, ils accepteront leurs responsabilités de bonne grâce et sauront reconnaître le courage politique à la base de ce type de décision. « Acheter, c’est voter » a écrit Laure Waridel. Il est grand temps que les élus en prennent acte.

Des commentaires? Écrivez-nous!
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In this paper, published in La Presse on Saturday 18th, I argue that that each Canadian citizen must take part in the achievement of the objectives of Kyoto. Until now, most of the Canadian environmental policies were made to push all the pressure on the industries. But, if those polluting industries are still surviving, and let's say it plainly, making large profits; it's because there are consumers to buy their goods. In short, the next step toward Kyoto is to tax citizens' undesirable behavior, such as overconsuming gaz and chemicals. Laure Waridel, a renowned Quebec's social activist, once wrote: "To buy is to vote". It's now time for our politicians to understand and apply it!

Tuesday, November 14, 2006

L'Illusion Tranquille à LCN | Quiet Illusion at LCN

Vous pouvez visionner ici le vidéo intégral d'une entrevue accordée par Alain Dubuc, Claude Montmarquette, Julie Hanck et moi-même à l'émission de Denis Lévesque sur Le Canal Nouvelle (LCN) lundi le 13 novembre dernier.
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You can watch here an integral video of an interview given by Alain Dubuc, Claude Montmarquette, Julie Hanck and me at the Denis Levesque's show on LCN on Monday November 13th.

Monday, October 23, 2006

Visionner L'Illusion Tranquille | Watch "The Quiet Illusion"

Vous pouvez visualiser la bande annonce du film L'Illusion Tranquille plus bas... N'hésitez pas à faire connaître le film... Le lancement arrive bientôt!
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You can watch the trailer from the movie "The Quiet Illusion" here... Don't hesitate to publicize the movie, it should be released soon!

Tuesday, October 10, 2006

L'illusion tranquille | Quiet illusion

Je prends quelques minutes de votre temps pour vous inviter à visiter le site web suivant. Il s'agit du site d'un documentaire auquel j'ai eu l'occasion de participer il y a quelques mois: L'Illusion Tranquille.
Il présente principalement le point de vue de certains des spécialistes les plus en vue du Québec: Alain Dubuc, Réjean Breton et Claude Montmarquette entre autres. Vous pourrez y visionner la bande annonce du film et lire le récit de ce projet emballant. Si le sujet vous intéresse, je vous invite d'ailleurs à laisser votre courriel pour être informé de la diffusion publique du film.
Pour ceux qui sont intéressés dans les politiques publiques et les débats québécois, je crois que ce film sera d'un grand intérêt. Laissez-moi donc savoir ce que vous en pensez!
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I'm taking a few minutes from your time to invite you to visit this web site (In French). It is the site of a documentary I had the chance to get involved in a few months ago, L'Illusion Tranquille ("Quiet Illusion" in reference to the Quiet Revolution Quebec knew during the 60s).
It features many interviews with some of the Quebec's most recognized specialists: Alain Dubuc, Réjean Breton and Claude Montmarquette among others. You'll be able to watch the ad for the movie and to read the history of that great project.
If you're interested, I also invite you to leave your email so the producers can warn you when the public visionning happens. For those of you who has a good basis of French and are interested in Quebec's public debates, I think that film will be of great interest. Please, let me know your feelings and thoughts about it!.

Wednesday, October 04, 2006

Opportunisme indécent | Shocking opportunism

Je reprend rarement des opinions publiées dans La Presse, pour éviter qu'on ne m'associe encore plus au troublant "complot gescaen" (lire le cynisme dans ma phrase!). Mais j'ai trouvé l'éditorial d'André Pratte sur l'opposition d'André Boisclair (il abordait aussi la réaction de Mario Dumont) à la nomination de Pierre-Marc Johnson très à propos. Je cite l'extrait qui a particulièrement attiré mon attention:
"M. Boisclair aurait souhaité que le Conseil des ministres confie l'enquête à un juge. Il est vrai que plusieurs exercices du genre ont été présidés par un magistrat. Mais ce n'est pas la règle. Le gouvernement Bouchard a confié à l'ingénieur Roger Nicolet les enquêtes sur les inondations du Saguenay et sur la crise du verglas. Ingénieur, M. Nicolet était-il mal placé pour se pencher sur le travail d'autres ingénieurs? Ancien candidat péquiste, était-il moins capable d'examiner les décisions prises par le gouvernement du PQ?[...] L'indépendance et l'intégrité de M. Johnson n'ont jamais été mises en doute. Il n'y a aucune raison de le faire aujourd'hui si ce n'est dans l'espoir d'embarrasser le gouvernement. Une tactique qui, dans les circonstances tragiques que l'on sait, est tout simplement indécente."
Et je vous laisse également le lien pour lire ce texte. Comme il représente parfaitement mon opinion, je ne me contenterai que d'ajouter des faits qui n'ont pas été mentionnés. D'abord, André Boisclair a été le premier à courir pour faire acte de présence sur les lieux du drame. Cela ressemble à de l'opportunisme malsain et hautement déplacé.
Plus fondamentalement, il y a le fait qu'André Boisclair réclame depuis deux jours un élargissement du mandat de la Commission Johnson... tout en décriant que la personne la plus apte à analyser une question de gouvernance plus large soit à la tête de ladite commission! Pierre-Marc Johnson est en effet une personne très qualifiée pour répondre aux questions que pose le chef du PQ depuis deux jours: il a une connaissance et une expérience approfondie de l'appareil gouvernemental et de son processus de décision. Alors, pourquoi lui demander de se retirer?
Que ce soit André Boisclair ou son entourage, ou les deux, il y a une manque de jugement flagrant depuis peu au PQ. Pas étonnant que le changement de chef ne se traduise pas en intentions de votes. Des changements profonds s'imposent...
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The André Pratte's column in La Presse two days ago was particularly right whil saying that André Boisclair's and Mario Dumont's strategies to react to the last saturday's events were unacceptable and shocking. It is possible to read the article at this link. Since it represents clearly my opinion, I'll one add a few facts. First, André Boisclair was the first politician to rush to meet the medias at the accident's place. It sounds like a distasteful and unacceptable opportunism.
More revealing was the lag between two of the PQ's claims. First, it asked Pierre-Marc Johnson to resign from the Public Commission because he was a former PQ's PM. On the other hand, it was asking for increased responsabilities of the Commission. So, why were they asking for the resignation of the person the most suitable to answer those wider questions? Pierre-Marc Johnson has an extensive experience f the State and its decision-making process...
It is now clear that either André Boisclair or its political, or both!, lacks judgement. Thus, it's not surprising that the leader's swap hasn't led to more votes for the PQ. Definitely, it's time for sound changes in the political approach PQ's adopting.

Sunday, October 01, 2006

La rhétorique sociale | About social rhetoric

Parmi les nombreux messages reçus par courriel suite à mon dernier papier dans La Presse, tous intéressants, je me permet de vous en faire lire un de Monsieur Lavoie (je ne publie que celui-ci puisque j'ai eu l'autorisation de son auteur de le faire. Si vous souhaitez aussi que je publie vos opinions, faites-le moi savoir dans vos courriels SVP).
Particulièrement intéressante dans ce message, la citation de Paul Léautaud (1872-1956), écrivain français:"La rhétorique sociale n’a jamais pris sur moi. Ni aucune rhétorique. Je n’aime pas les phrases. Je n’aime que les faits."
Et voici la suite du message qui, par ailleurs, synthétise bien la majorité des courriels reçus (les contestataires s'expriment plus volontairement directement sur le blogue!):
"Je viens de lire votre article dans la Presse de ce matin. Et j’ai consulté le petit Robert avant de vous écrire. Intéressante citation sous rhétorique : « La rhétorique sociale n’a jamais pris sur moi. Ni aucune rhétorique. Je n’aime pas les phrases. Je n’aime que les faits. » (Léautaud)

Il en est de même des discours des politiciens au sujet du fameux déséquilibre fiscal, beaucoup de phrases et peu de substance. Et votre point de vue sur ce déséquilibre, je le partage.

Peu importe qui est au pouvoir à Québec, cette manie de ne pas se remettre en question face à des choix de société et de toujours blâmer l’autre pour des décisions qui ont été prises par les politiciens qui dirigent les destinées du Québec est au mieux irresponsable, et fort souvent malhonnête.

Un manque de courage politique habite nos élus, guidés par les sondages et leurs stratèges bien branchés à l’écoute de l’électeur moyen conditionné à tout recevoir sans ne jamais connaître le coût de tous ces bienfaits.

L’illusion du déséquilibre fiscal, hydre virtuel servant à masquer l’absence de courage de nos politiciens, sera bientôt chose du passé.
Des tonnes d’encre et de papier journal seront utilisés pour consigner ce débat entre les partisans des deux côtés, beaucoup de phrases et peu de faits, beaucoup de rhétorique et peu d’analyse. Mais le résultat est connu d’avance, le déséquilibre fiscal peut être réglé facilement si le Québec augmente le coût des services qu’il distribue gratuitement ou presque dans le moment. Et s’il occupe les champs de taxation que le fédéral libère, ce serait encore mieux, mais ce serait confirmer que le déséquilibre fiscal a été inventé par des politiciens québécois en mal d’en découdre avec le méchant d’Ottawa…

Ne restera qu’à créer de l’emploi pour créer de la richesse, ainsi l’on finira bien par payer notre train de vie au-dessus de nos moyens."
Je tiens à remercier tous ceux et celles qui ont pris la peine de m'écrire, que ce soit sur le blogue ou par courriel. Soyez assurés que j'ai lu avec intérêt chacun de vos messages et continuez à venir faire valoir votre point de vue sur "De Nottingham".
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Mr Lavoie sent me an email just after La Presse published my ast paper about the so-called fiscal imbalance in Canada. A very interesting part of its message was a quotation from the French writter Paul Léautaud (1872-1956) which said more or less: "Social rhetoric never took grip on me. Nor does any kind of rhetoric. I don't like words, I like facts."
Whitout translating all Mr Lavoie's message, I thought it was interesting to post its quotation here. I'm also taking that opportunity to thank every body who wrote me, either on the blog or by email. Be sure I read every message carefully. Please, do continue to express yourself on
"From Nottingham".

Tuesday, September 26, 2006

Un monstre rhétorique

À travers le débat sur le déséquilibre fiscal, les Québécois ne peuvent imposer leurs choix sociaux à l’ensemble des Canadiens
MATHIEU LABERGE
Économiste et professeur au Collège Gérald-Godin
Le déséquilibre fiscal n’existe pas. C’est un monstre rhétorique créé de toutes pièces par les politiciens. Le déséquilibre, s’il en est un, se situe plutôt au niveau de l’étendue des services offerts par le secteur public québécois. Alors que cette bulle politique prend une ampleur démesurée et que les négociations pour la crever achoppent, il appartient aux Québécois de comprendre qu’ils ne peuvent imposer leurs choix sociaux à l’ensemble des Canadiens. Selon une étude du CIRANO et du Mouvement Desjardins, les dépenses par habitant du gouvernement du Québec sont 9% supérieures à la moyenne canadienne. Au chapitre des dépenses en services sociaux, le Québec dépense plus du double des autres provinces par rapport à la taille de son économie. Conséquemment, le Québec est également la province qui impose le plus ses citoyens; bon an, mal an, chaque Québécois paiera 840$ de plus en impôts que les autres Canadiens. Rien de plus normal, étant donnée l'abondance des services offerts par le secteur public québécois : garderies hyper subventionnées; multiples gels de tarifs en éducation post-secondaire, pour l’hydroélectricité et les permis de conduire; etc.
Un vagabond en Jaguar
Pourtant, l’appétit des Québécois pour les services sociaux semble à ce point insatiable que, malgré la plus forte imposition des particuliers des pays du G7, la situation financière du gouvernement du Québec demeure précaire année après années. Dans ce contexte, le réflexe des politiciens québécois a été d’invoquer un improbable déséquilibre fiscal pour forcer la main à Ottawa à transférer au Québec une plus grande part des impôts perçus chez tous les Canadiens. Non seulement un tel discours est-il déraisonnable, mais il est carrément misérabiliste. Faire reposer sur les épaules du gouvernement fédéral le règlement du soi-disant déséquilibre fiscal reviendrait à imposer aux Ontariens et aux Albertains le financement des choix sociaux extravagants des Québécois. On ne peut les blâmer de s’opposer au Québec sur la question. Après tout, donneriez-vous l’aumône à un mendiant au volant d’une rutilante Jaguar? Malheureusement, le Parti Conservateur s’est enlisé dans ce bourbier lors des dernières élections fédérales en promettant de trouver une solution aux récriminations du Québec. Le seul accord équitable susceptible de satisfaire à la fois le gouvernement du Québec et ceux des autres provinces canadiennes consisterait pour Ottawa à abandonner graduellement des champs de taxation fédéraux pour ensuite permettre aux gouvernements provinciaux de les occuper à leur guise par une sorte de mécanisme de vases communicants; une alternative vertement critiquée par le gouvernement Charest au printemps dernier.
Une lubie politique
Quoi qu’en dira le Ministre des Finances, Michel Audet, l’occasion rêvée pour ce faire s’est présentée le 1er juillet dernier avec la réduction de la TPS. Défiant toute logique, le gouvernement a alors refusé de procéder à une telle opération pour maintenant revenir sur ses pas en envisageant cette alternative « en temps et lieu » et en posant moult conditions. S’il est vrai qu’il aurait été politiquement coûteux pour un gouvernement ayant promis des baisses d’impôts de les hausser de la sorte, cette nouvelle valse hésitation du gouvernement libéral a aussi pour conséquence de démontrer l’hypocrisie crasse derrière le discours sur le déséquilibre fiscal. Si la situation financière du Québec avait été aussi catastrophique qu’on a bien voulu le laisser croire ces dernières années, il y a fort à parier que le gouvernement aurait sauté sur cette bouffée d’air providentielle. Or, en refusant d’agir dès le mois de juillet, on aura démontré que le déséquilibre fiscal est un caprice essentiellement politique sans réel fondement économique. Pis encore, en tergiversant comme il le fait, Jean Charest risque de se fermer sur les doigts sa seule porte de sortie honorable : pourquoi accepterait-il aujourd'hui une solution qu’il décriait il y a quelques semaines à peine? En bon père de famille, Ottawa doit désormais refuser de déshabiller Ralph pour habiller Jean. D’autant plus que Ralph a géré ses avoirs avec responsabilités et que Jean se permet de faire la fine gueule devant les issues proposées. Les Québécois doivent dorénavant accepter que personne d’autre qu’eux-mêmes n’a à payer pour qu’ils puissent continuer de bénéficier du plus haut niveau de services publics du Canada. Ils devront rapidement faire un choix : assumer le coût réel des services publics dont ils bénéficient ou accepter d’en céder certains au secteur privé.
Des réactions:
forum@lapresse.ca
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In this paper, published today in La Presse, I suggest that the fiscal imbalance evocated by Quebec's politicians is the final attempt to impose Quebec's social choices to the rest of Canada. With the most important expenditure in social services, more than double than anadian average, the Quebec's imbalance isn't fiscal, the problem is on the social services supply side. The only wise and equitable way to solve that highly political problem is for the federal government to abandon some fiscal fields, such as reducing the GST, and let the provincial governments raise their own taxes. Some will do, some won't...

However, Quebec's PM, Jean Charest, has announced he wouldn't agree with that solution many times in the last few months, unless his conditions are respected. By refusing a good solution, Quebec has shown that the fiscal imbalance is, in fact, a political lie. Moreover, by refusing to use that procedure back in July, when Ottawa reduced the GST by one percentage point, he showed that Quebec wasn't really needy.

Ottawa must now refuse to take from Ralph to give to Jean. Even more since Ralph has been responsible while Jean is being picky on the solution. By the end of the day, Quebecois must accept no one other than themselves has to pay to allow them to keep the highest level of public services in Canada. They now have to make a choice: either pay the real cost of their public services or give some of them to the private sector.